Me Lahlou: le procès de Karim Zaz est «illogique»

Karim Zaz et ses complices présumés comparaîtront en état de détention devant le juge cinq mois après leur arrestation et leur poursuite. Me Amine Lahlou, avocat de l'ancien DG de Wana, nous livre ses inquiétudes.

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Karim Zaz, ancien PDG de Wana corp
Karim Zaz, ancien PDG de Wana corp. Crédit : DR

L’affaire de trafic international de communication impliquant l’ancien directeur général de Wana, Karim Zaz, et 11 complices présumés est de nouveau sous les feux des projecteurs. Les accusés comparaîtront enfin le 11 août à 13 heures devant le juge de la chambre correctionnelle du tribunal de première instance d’Aïn Sebaâ à Casablanca, soit cinq mois après leur arrestation.

TelQuel.ma : Le procès commence lundi avec l’audience préliminaire. Votre ressenti ?

Il y a tout d’abord la couverture médiatique qui m’inquiète. Une certaine presse prend la peine de commenter en détail l’affaire, alors même qu’elle n’a pas consulté le dossier et ne sait donc pas de quoi il en retourne. C’est à se demander si quelqu’un ne pousse pas cette dite presse pour une condamnation préalable de Karim Zaz. Wana, qui est quand même une société structurée, n’a pas à descendre à ce niveau. Je suis aussi forcé de me poser des questions concernant les raisons de ce procès. Mon client était en train de préparer le lancement de la fibre optique en Afrique, un marché stratégique de centaines de milliards…

Le début du procès est synonyme de clôture de la phase d’instruction. Êtes-vous satisfait du déroulement de la procédure ?

Beaucoup de nos droits n’ont pas été respectés. A commencer par le refus de la demande de convocation de témoins par le juge d’instruction. Un refus qui a été confirmé par la Cour d’appel sous prétexte que les personnes convoquées sont en France. On nous a aussi refusé une expertise. Le troisième refus est celui de la liberté provisoire qu’on ne veut pas accorder à Karim Zaz, alors même que pendant les 2 ans qu’ont durés l’enquête, il n’a pas fui le territoire. Durant l’instruction, l’ignorance des auxiliaires de justice de tout ce qui a trait aux télécoms s’est également manifestée. En somme, j’essaye de garder ma bonne foi en espérant qu’il s’agit plus d’incompétence de la justice, et non d’actions dirigées.

Durant le procès, quelle sera votre ligne de défense ?

Il sera nécessaire de rappeler que Karim Zaz ne sait toujours pas ce qu’on lui reproche et n’a d’ailleurs rien à avoir avec ce procès. Comme il a pu être impliqué pour une raison que nous ignorons dans ce procès, qui a été gonflé de manière illogique. Par ailleurs, il faut aussi insister sur le fait que rien de compromettant n’a été trouvé chez Zaz attestant qu’il aurait pu contribuer, d’une manière ou d’une autre, aux transferts de communications. Il y a pour cela des expertises réalisées par des Français qui ont consulté le dossier et qui ont relevé qu’il était impossible, avec le matériel dont dispose Karim Zaz, d’effectuer ce transfert d’informations. Des expertises qui ont été refusées par le juge d’instruction, comme j’ai pu le dire.