Foulane Bouhssine : «Je ne suis encore qu’un élève»

Smyet bak ?

Hassan Bouhssine.

Smyet mok ?

Fatima El Houssine.

Nimirou d’la carte ?

J335522.

Vous êtes partout. Vous jouez avec combien de groupes, au juste ?

Huit. J’ai participé à la création de tous ces groupes, et chacun d’entre eux a ses spécificités musicales.

C’est parce que vous êtes le seul sur le marché ou parce que vous êtes le meilleur ?

Ni l’un ni l’autre. Mais les notions et les diplômes que j’ai acquis tout au long de mon parcours m’ont permis d’alterner et d’être utile dans beaucoup de styles musicaux.

Pourquoi avoir choisi le ribab comme instrument ?

C’est l’instrument amazigh par excellence. Mon but est de devenir un ambassadeur du ribab à travers le monde.

La musique amazighe est-elle mise en valeur au Maroc ?

Non. La musique amazighe n’a malheureusement pas la place qu’elle mérite, et c’est le cas pour beaucoup d’autres styles de musique marocains. Cela est peut-être dû à certains artistes, qui veulent garder ce patrimoine pour eux. Avec Ribab Fusion, l’un de mes groupes, on essaie au contraire d’exporter cette musique.

La fusion représente-t-elle un danger pour la musique amazighe ?

Absolument pas. Et la réussite du Festival Gnaoua en est l’exemple. C’est la fusion qui a permis à cette musique de s’exporter et de se faire connaître dans le monde entier. La musique amazighe a besoin de ça, elle aussi.

Vous avez créé votre propre ribab électrique. Cela n’a-t-il pas choqué les Rwayess ?

La différence entre un ribab classique et un électrique n’est pas énorme. Il a simplement suffi de remplacer la peau avec du bois. Les Rwayess ont beaucoup aimé l’idée, cela permet à l’instrument de sortir du carcan traditionnel.

Vous êtes aussi un virtuose du violon, qu’on assimile beaucoup au chaâbi. Qui est le meilleur, Stati ou vous ?

C’est un grand artiste, et je ne suis qu’un élève. Malheureusement, sa génération et lui n’ont pas pu se faire un nom à l’international.

Pourquoi le chaâbi est-il plein de fausses notes ?

Ce ne sont pas des fausses notes, ce sont des gammes différentes. Le souci, c’est que la plupart des musiciens formés au chaâbi n’ont pas fait d’études de musique. Et par conséquent, il y a un manque de coordination entre les instruments d’un même groupe.

Que feriez-vous si vous étiez ministre de la Culture ?

Etre ministre, c’est avoir beaucoup de responsabilités. Je n’ai pas l’expérience nécessaire pour remplir cette fonction. Par contre, je pourrais conseiller le ministre. Je lui demanderais d’aider les jeunes talents, de leur procurer des locaux pour les répétitions, des salles de théâtre, des salles de concerts. Et surtout apprendre aux Marocains à payer 10 dirhams pour assister à un spectacle et oublier la culture du « fabor ».

1979 : Voit le jour à Agadir

2005 : Monte pour la première fois sur scène

2008 : Cofonde le groupe Ribab Fusion

2010 : Obtient son diplôme de violon au conservatoire d’Agadir

2013 : Reçoit le Wissam Alaouite.

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