Maroc

RSF "profondément inquiète" après l'aggravation de la peine du journaliste El Mahdaoui

Hamid Al Mahdaoui. Crédit: DR
RSF "profondément inquiète" après l'aggravation de la peine du journaliste El Mahdaoui
septembre 13
14:26 2017
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L'organisation Reporters sans frontières (RSF) s'est dit mercredi "profondément inquiète" après la condamnation en appel à un an de prison du journaliste Hamid El Mahdaoui, en attente par ailleurs d'un autre procès.

Poursuivi pour "avoir incité à une manifestation interdite", Hamid El Mahdaoui, directeur du site Badil.info, a vu sa peine initiale "multipliée par quatre", avec sa condamnation mardi par la Cour d'appel d'Al Hoceïma à un an de prison ferme, a rappelé RSF dans un communiqué.

Après cette "peine nettement revue à la hausse", l'ONG a dénoncé un "verdict incompréhensible" et s'est dit d'autant plus "inquiète" que El Mahdaoui "doit faire face à un deuxième procès pour atteinte à la sûreté de l'État".

"La cour qui disposait de vidéos, avait en sa possession des preuves tangibles de son innocence", a affirmé RSF, appelant la justice marocaine "à abandonner les charges et à libérer au plus vite un journaliste qui, en se trouvant au cœur des événements, n'a fait que son métier".

Quelques heures après sa condamnation, El Mahdaoui a annoncé -dans une lettre adressée à "l'opinion publique nationale et internationale""entamer une grève de la faim illimitée", et a précisé qu'il ne l'interrompra que dans le cas "d'une enquête sur les circonstances du jugement".

Selon Badil.info, le père d'El Mahdaoui a été "transporté en urgence à l'hôpital provincial de Sidi Kacem, après avoir appris la nouvelle de la condamnation de son fils à un an de prison, mais également son annonce d'une grève de la faim".

Le 25 juillet, El Mahdaoui avait été condamné en première instance à trois mois de prison ferme et à une amende de 20.000 dirhams (1.800 euros). Il avait été arrêté le 20 juillet à Al-Hoceïma, dans le Rif, puis jugé pour avoir appelé à prendre part à une manifestation interdite dans cette ville, épicentre d'un mouvement de contestation qui secoue depuis octobre cette région du nord du royaume.

Hamid El Mahdaoui fait l'objet d'autres poursuites pour "non-dénonciation d'un crime portant atteinte à la sûreté de l'État". La première audience de ce nouveau procès doit se dérouler le 3 octobre à Casablanca. "Pour ce chef d'accusation, il encourt une peine allant de deux à cinq ans de prison ferme", s'est alarmé RSF.

(Avec AFP)

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