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À Tanger, des acteurs politiques et de la société civile appellent à l'"apaisement" lors d'un colloque national sur le Hirak

Crédit: capture d'écran/Hespress
À Tanger, des acteurs politiques et de la société civile appellent à l'"apaisement" lors d'un colloque national sur le Hirak
juin 19
15:37 2017
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La ville de Tanger a accueilli un colloque national sur le Hirak durant lequel les représentants de l’Exécutif ont appelé à un dialogue pour résoudre la "crise" d’Al Hoceima.

C’est sur fond de nouveaux affrontements entre manifestants du Hirak et forces de l’ordre que le débat national sur le mouvement de contestation du Rif s’est tenu le 16 juin à Tanger. Plusieurs personnalités politiques de premier plan participaient à cette rencontre organisée par la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima. Parmi elles, Ilyas Elomari, le président de la région, ou encore l’élu belge Fouad Ahidar, le ministre de la Justice Mohamed Aujjar, mais aussi Nourredine Boutayeb, ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur.

Parmi les absences notables, on relève celle du ministre d’État chargé des droits de l’Homme, Mustapha Ramid, qui avait annoncé son intention de ne pas participer à cette rencontre. Sur sa page Facebook, le ministre PJD avait critiqué l’intervention d’Ilyas Elomari dans l’émission Dayf Al Aoula consacrée au  Hirak. Il avait jugé la position du président de région Tanger-Tétouan-Al Hoceima "dénigrante", estimant que la sortie du patron du PAM accusait "le gouvernement et les institutions de tous les torts".

Lire aussi: Ilyas Elomari regrette de ne pas être "descendu dans la rue"

S’exprimant au sujet de l’absence d’autres membres du gouvernement à cette rencontre, le président de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima a expliqué qu’ils devaient prendre part à la causerie religieuse présidée par le roi le soir même. Par ailleurs, les militants du Hirak ont brillé par leur absence à cette rencontre, même si des proches de membres du mouvement ont pris la parole.

Ilyas Elomari "prêt à rendre des comptes"

S’exprimant en ouverture de ce débat  sur son rôle dans la gestion du mouvement de contestation du Rif, le secrétaire général du PAM a affirmé qu’il était "prêt à rendre des comptes" sur ce qu'il a décrit comme "la tragédie" du Rif. Ilyas Elomari a confessé que la situation tendue dans la région lui a causé des "contradictions" personnelles, dans la mesure où l'une des "personnes les plus proches de [sa] famille est en prison"  et que "des proches de [sa] famille dans les rangs des forces de l’ordre" sont à l’hôpital.

Toujours du côté des officiels, le ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur, Nourredine Boutayeb, a affirmé que le dialogue constituerait la voie de résolution des tensions dans le Rif. Selon lui, "les projets prévus (dans le cadre du développement de la ville, NDLR) verront le jour dans les délais annoncés". Tout en appelant au calme, le ministre a affirmé que la priorité de son département était le maintien "de la sûreté et de la sécurité des citoyens".

Le ministre du Tourisme, et secrétaire général de l’UC, Mohamed Sajid a de son côté rappelé que la crise d’Al Hoceima n’était plus cantonnée à la ville du Nord, mais concernait désormais "l’ensemble du pays".

Pour sa part, le ministre de la Justice, Mohamed Aujjar, a affirmé dans un entretien accordé à Hespress avoir adressé "une invitation à tous les acteurs politiques, économiques et des droits de l’homme" à parvenir à se rassembler et œuvrer "main dans la main" pour trouver une réponse aux revendications des manifestants d’Al Hoceima".

"L’heure est à l’action"

Le président du CNDH, Driss El Yazami, dont l’institution prépare un rapport sur le mouvement de contestation du Rif a lui aussi pris part au débat. Il a souligné que les habitants d’Al Hoceima "ont usé de leur droit à la manifestation pacifique" afin de défendre leurs droits et revendications.

La rencontre de Tanger a aussi été marquée par l’intervention de Fouad Ahidar, ovationné à plusieurs reprises par le public présent. L'élu belge a pris la défense des militants du Hirak, et a remis en question l'intérêt du débat, répétant que "l'heure est aux actions, non aux paroles". Pour l’élu belge, qui a reconnu que "tout le monde pouvait faire des erreurs", il est l’heure de se tourner vers le futur et de trouver des solutions. Il a aussi relayé les inquiétudes de la communauté marocaine en Belgique quant à la situation à Al Hoceima et a dénoncé le traitement médiatique des manifestations de la ville qui, selon lui, ne sont pas "vues d’une manière positive".

L'une des proches des militants du Hirak, qui s'est exprimée lors de cette rencontre, a notamment réclamé la "fin de la hogra" et la libération des détenus du mouvement de contestation du Rif. Sous les applaudissements de la foule, elle a également accusé les représentants de l’État de vouloir séparer la région du reste du pays.

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