Dans cette logique, Tech In Hand déploie une fabrication additive mêlant numérique et biomatériaux. Parement mural, scénographie, objet de design ou mobilier conçu par algorithme puis imprimé : depuis 2023, la startup fait de l’impression 3D grand format un outil de fabrication durable pour l’architecture et le design d’intérieur.
Plutôt que de reproduire en série des objets standardisés, Tech In Hand mise sur la personnalisation et les circuits courts. Elle conçoit numériquement des pièces uniques, puis les imprime avec des matériaux locaux : terre crue, argile, bioplastiques à base de bois ou de fibres végétales. Une approche qui séduit architectes, designers et institutions culturelles en quête d’alternatives aux produits de catalogue.
La fabrication additive au service du design et de l’architecture
Le projet est né d’une intuition de Mehdi Harrak, architecte formé à l’ENA de Rabat et passé par Barcelone. En 2022, il participe en Espagne à un programme qui imprime le premier bâtiment au monde entièrement réalisé en terre. De retour au Maroc et en s’associant à un autre architecte, Ismail El Omari, il décide d’adapter cette technologie aux matériaux locaux.
Les résultats sont très vite là. En deux ans, Tech In Hand a cumulé plus de 30 000 heures d’impression 3D et réalisé un chiffre d’affaires de 500 000 dirhams en 2024. La startup compte une trentaine de clients actifs, essentiellement en B2B : Al Omrane, l’Université Mohammed VI Polytechnique, le Technopark, la Fondation du patrimoine de Rabat ou encore des musées régionaux.
Chaque projet mobilise entre 20 et 80 kilos de matière et s’étale sur un à quatre mois. Les usages vont du revêtement mural au mobilier sur mesure, en passant par des éléments de décoration, des prototypes architecturaux ou des scénographies d’exposition.
Quand l’argan devient matériau d’innovation
Au-delà de la technologie, Tech In Hand mise sur la recherche appliquée. En partenariat avec l’Université Ibn Zohr d’Agadir, la startup développe de nouveaux matériaux imprimables à partir de ressources locales. Le plus prometteur : la coque d’argan, résidu jusqu’ici peu valorisé de la production d’huile.
Transformée en fibres et intégrée dans des composites, elle permet de créer des objets aux propriétés thermiques et acoustiques intéressantes, tout en générant des débouchés pour les coopératives rurales. Même logique avec l’argile locale, utilisée en collaboration avec des artisans : réduire les imports, limiter les déchets, soutenir des filières en déclin.
“Au lieu de devoir produire des milliers de pièces en Chine pour que le coût de production soit moins cher, nous, ce qu’on propose, c’est vraiment être à l’écoute de ce que nos clients veulent dans le volet design et aussi dans le volet méthode de fabrication”, explique Mehdi Harrak.
Aujourd’hui, Tech In Hand emploie cinq personnes et prépare une industrialisation à petite échelle. Objectif : augmenter les capacités de production sans perdre la flexibilité qui fait sa force. La startup travaille aussi à une levée de fonds non dilutive pour financer ses équipements et développer une gamme d’objets personnalisables, configurables en ligne par les clients.
Technopark, un écosystème de soutien à l’innovation

Le Technopark est une structure de gestion privée, portée par un partenariat public-privé mêlant État, banques publiques et institutions financières. Répartis entre Casablanca, Rabat, Tanger, Agadir et Essaouira, les différents sites abritent des entreprises qui génèrent ensemble plus d’un milliard de dirhams de chiffre d’affaires annuel et emploient plus de 3 000 salariés qualifiés.
Depuis l’ouverture du premier site à Casablanca en 2000, le Technopark a accompagné plus de 3 500 startups, contribuant à la création de plus de 15 000 emplois directs et indirects dans des secteurs stratégiques comme le digital, les énergies renouvelables ou les industries culturelles. La stratégie d’expansion prévoit l’ouverture prochaine de nouveaux pôles à Fès, Oujda et Tiznit.
