Et si les terres désertiques n’étaient pas condamnées à l’abandon ? Et si l’on pouvait y faire renaître des écosystèmes agricoles durables et productifs ? C’est le pari que porte Sand to Green, depuis 2022, en mobilisant science du vivant et IA environnementale.
La startup incubée au Technopark d’Agadir conçoit des systèmes agroforestiers régénératifs sur mesure, adaptés aux contraintes extrêmes des zones arides. Elle s’appuie sur une plateforme agronomique intégrant de l’intelligence artificielle, croisant données scientifiques, simulations économiques et paramètres écologiques.
À rebours des modèles standardisés, Sand to Green pense chaque plantation comme un écosystème cohérent. Arbres, plantes et cultures intercalaires y sont choisis pour leur rôle fonctionnel et leur synergie avec le milieu. L’IA optimise les assemblages, anticipe les rendements et pilote les cycles de régénération.
Taux de survie des plants : plus de 80 %
À Guelmim, le projet pilote s’étend sur 26 hectares, dont 3,5 dédiés à la recherche. Six modèles agroforestiers y sont testés, avec des résultats prometteurs : un taux de survie des plants de plus de 80 % malgré des conditions extrêmes, des sols régénérés, et une production amorcée d’huiles essentielles et de fruits. L’implication des communautés locales renforce son ancrage territorial.
“Passer d’un modèle agricole extractif à un modèle régénératif nécessite une transformation profonde : des pratiques, des mentalités, et parfois des structures économiques”, résume Benjamin Rombaut, cofondateur et CEO de Sand to Green.
En cas de stress hydrique, la startup déploie un protocole de dessalement solaire couplé à une gestion innovante de la saumure. Les résidus salins sont revalorisés, notamment via la culture de plantes halophytes et la bioremédiation.
Au-delà de Guelmim, l’entreprise déploie ses projets à Dakhla, Agadir, Marrakech, mais aussi en Tunisie, Namibie, Espagne et Sénégal. À terme, elle entend industrialiser la régénération via sa plateforme logicielle, tout en maintenant un fort ancrage territorial.
Technopark, un écosystème de soutien à l’innovation
Technopark est une structure de gestion privée qui compte dans son tour de table l’État, mais aussi des banques privées et publiques. Les entreprises accueillies dans les différents Technoparks (Casablanca, Rabat, Tanger, Agadir, Essaouira) réalisent un chiffre d’affaires annuel cumulé de plus d’un milliard de dirhams et emploient plus de 3000 salariés qualifiés. La stratégie d’expansion régionale prévoit l’ouverture de trois nouveaux Technoparks : Fès, Oujda et Tiznit.
Depuis l’inauguration de la première structure à Casablanca en 2000, Technopark a accompagné plus de 3500 startups et contribué à la création de plus de 15.000 emplois directs et indirects dans des secteurs tels que le digital, les énergies renouvelables, ou encore les industries culturelles et créatives.
