Mobilité étudiante vers la France : les clés d'un projet réussi

Premier pays d'origine des étudiants étrangers en France, le Maroc y envoie chaque année des milliers de jeunes. Entretien avec Guillaume Marceny, Directeur de Campus France Maroc.

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Campus France Maroc est souvent perçu comme un passage administratif incontournable. Comment définissez-vous aujourd’hui votre rôle auprès des étudiants marocains et de leurs familles ?

La procédure existe et elle est nécessaire, mais elle ne résume pas notre mission. Celle-ci est d’abord d’informer, d’orienter et d’accompagner. Avec plus de 42000 étudiants accueillis en France, le Maroc occupe une place singulière, fruit d’une coopération universitaire ancienne entre les deux pays. Notre rôle est d’accompagner chaque lycéen et chaque étudiant souhaitant poursuivre ses études à l’étranger vers des choix de formation qui correspondent à son parcours et à ses aspirations. C’est l’objet des entretiens d’accompagnement que nous avons développés, gratuits et ouverts à tous, où le projet de chacun peut être examiné et précisé bien avant les démarches. Nous invitons également d’anciens étudiants à témoigner de la vie en France et de leur parcours professionnel, car rien n’éclaire mieux une décision que l’expérience de ceux qui l’ont prise avant soi.

Au moment de choisir une formation en France, quelles sont les erreurs les plus fréquentes que vous observez chez les candidats, et quels conseils leur donneriez-vous pour construire un projet cohérent ?

Un projet d’études se construit de l’intérieur. Avant de candidater, il importe de lire le détail des enseignements, de mesurer la place des stages, de s’informer sur le devenir des diplômés. Un dossier solide met en évidence une trajectoire: un point de départ, une progression, un objectif. C’est cette cohérence qui retient l’attention d’un établissement. La candidature est par ailleurs une démarche personnelle, et c’est ce qui en fait la valeur. Un dossier qui reflète la voix du candidat se distingue immédiatement. Les établissements comme nos équipes identifient sans difficulté un texte rédigé par un tiers ou par une IA, ce qui compromet les chances.

Procédures, calendrier, dossier, entretien, visa, logement : quelles sont les étapes clés que les étudiants doivent absolument anticiper pour réussir leur parcours ?

La préparation commence près d’un an à l’avance. Pour une rentrée en septembre, les grandes phases de candidature s’ouvrent dès l’automne précédent. Le temps qui sépare ce moment du dépôt doit être mis à profit: prendre rendez-vous pour un accompagnement gratuit, préparer la certification de français, étudier les formations avec attention et se renseigner sur le coût de la vie, qui varie d’une ville à l’autre. L’entretien de candidature est parfois source d’appréhension, mais il ne faut pas le redouter: ce n’est ni un test ni un examen, mais un moment d’échange autour du projet d’études.

Au-delà de l’admission, comment les études en France peuvent-elles s’inscrire dans un projet professionnel durable, que ce soit au Maroc, en France ou à l’international ?

À l’échelle mondiale, 9 diplômés sur 10 estiment que leur séjour en France a contribué à leur premier emploi, et 8 sur 10 exercent une profession intellectuelle ou de cadre. Une part importante de cette mobilité repose sur des accords entre nos établissements: on recense plus de 280 accords franco-marocains, qui permettent d’obtenir à la fois un diplôme marocain et un diplôme français. La France est par ailleurs le premier partenaire scientifique du Maroc, et nombre de thèses se mènent en cotutelle. Cette proximité a récemment trouvé une traduction concrète: les diplômes de licence, master et doctorat des universités publiques françaises sont désormais reconnus de plein droit au Maroc, sans procédure d’équivalence. Les études en France sont une circulation, rarement un départ définitif: la majorité des diplômés reviennent au Maroc pour y travailler, généralement après une première expérience. Ce retour, nous l’accompagnons aussi. Le réseau France Alumni Maroc, en croissance rapide, maintient le lien avec les diplômés, valorise leurs parcours et constitue un véritable appui pour leur insertion professionnelle au Maroc