Bank Al-Maghrib (BAM) a réalisé un nouvel exercice de macro-stress test de solvabilité, fondé sur les données à fin 2025 des huit principales banques, afin d’évaluer leur résilience face aux chocs économiques. Cet exercice a été réalisé sur la base de trois scénarios macroéconomiques reposant sur des hypothèses de chocs d’intensité croissante », fait savoir ce rapport publié par BAM, l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) et l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS).
Il s’agit d’un scénario central (Baseline), aligné sur les prévisions macroéconomiques publiées en juin 2026, d’un scénario sévère mais plausible, caractérisé par une dégradation des conditions macroéconomiques, et d’un scénario extrême, fondé sur l’hypothèse d’une forte récession résultant de la combinaison de plusieurs chocs macro-financiers.
Dans le scénario central, la croissance économique poursuivrait sa bonne dynamique en 2026-2027, grâce aux conditions climatiques très favorables et au raffermissement des activités non agricoles.
Pour sa part, le scénario sévère repose sur l’hypothèse d’une intensification et d’un élargissement du conflit au Moyen-Orient, entraînant de nouvelles perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales ainsi qu’une forte hausse des prix des matières premières. Ces évolutions se traduiraient par une accélération marquée de l’inflation et un ralentissement significatif de l’activité économique, tant au niveau international que national.
En revanche, le scénario extrême suppose une forte contraction du PIB en 2026, consécutive à un arrêt brutal de l’activité économique, d’une ampleur comparable à celle observée durant la crise sanitaire.
Ce choc serait aggravé par un épisode de sécheresse assez sévère en 2027, qui induirait une baisse de la production céréalière à environ 25 millions de quintaux et une détérioration des performances des autres cultures agricoles.
Le scénario central, fondé sur une évolution favorable des conditions macro-financières, se traduirait par une stabilisation du taux moyen des créances en souffrance des huit principales banques à près de 9,8% sur la période 2025-2027.
Parallèlement, la progression des marges d’intérêt et des commissions soutiendrait le résultat net des établissements soumis au stress test.
Dans ce contexte, les banques préserveraient des niveaux confortables de fonds propres prudentiels, avec un ratio moyen de solvabilité, sur base sociale, avoisinant 15,2% et un ratio moyen de fonds propres de base s’établissant à 11,8% à fin 2027.
Dans le scénario sévère, la dégradation des conditions macroéconomiques affecterait la capacité de remboursement des ménages et des entreprises, se traduisant par une hausse du taux moyen des créances en souffrance, qui passerait de 9,1% en 2025 à 11,1% en 2027.
Cette évolution contraindrait les banques à renforcer leurs provisions afin de couvrir l’augmentation du risque de crédit.
Par ailleurs, le ralentissement des principales composantes du compte de résultat pèserait sur les fonds propres.
Entre 2025 et 2027, le ratio de solvabilité reculerait d’environ 141 points de base, tandis que le ratio des fonds propres de base diminuerait de 10 points de base, à l’inverse du scénario central, qui prévoit un renforcement de ce ratio.
L’arrêt de l’activité économique stipulé dans le scénario extrême entraînerait une détérioration marquée de la situation financière des ménages et des entreprises non-financières, portant le taux moyen des créances en souffrance à 11,5% en 2026, puis à 12,8% en 2027.
L’augmentation du coût du risque qui en résulterait, conjuguée à la contraction des marges d’intérêt et des commissions en 2026, se traduirait par une forte baisse du résultat net des banques.
Bien que la reprise de l’activité en 2027 permette une amélioration partielle de leur rentabilité, les ratios moyens de fonds propres prudentiels et de fonds propres de base poursuivraient leur repli, pour s’établir respectivement à 13,6% et 10,3% à l’horizon 2027. Pour autant, les banques devraient, en moyenne, continuer de respecter les exigences réglementaires minimales en vigueur.
(avec MAP)
