Le PJD accuse les partis de la majorité de bloquer la commission d'enquête sur le soutien au cheptel

Le Parti de la justice et du développement (PJD) a accusé les groupes parlementaires de la majorité à la Chambre des représentants de revenir sur leur engagement à participer à la commission d'enquête parlementaire consacrée au soutien accordé au secteur de l'élevage.

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Photo de Immo Wegmann / Unsplash

Le parti estime que l’absence, jusqu’à présent, de leur signature sur la demande de création de cette commission révèle un manque de volonté réelle d’activer ce mécanisme de contrôle.

Dans un communiqué publié par son secrétariat général, le PJD indique que les partis de la majorité avaient officiellement annoncé leur disposition à prendre part à cette commission, mais qu’ils « continuent de tergiverser » dans l’achèvement des procédures nécessaires à sa création. Selon le parti, leur attitude visait uniquement à « récupérer » l’initiative lancée par les groupes de l’opposition et à la vider de sa substance.

Le PJD considère que ce comportement traduit, selon ses termes, « davantage d’absurdité politique » et témoigne du manque de sérieux de la majorité dans le respect de ses engagements et de l’opinion publique.

Cette controverse s’inscrit dans un contexte de vives critiques formulées ces derniers mois par le PJD au sujet de la politique gouvernementale en faveur de la filière ovine. Le parti estime que les différents programmes de soutien mis en place, notamment les aides publiques destinées à l’importation des ovins puis le programme de reconstitution du cheptel national, n’ont pas permis d’améliorer l’approvisionnement du marché ni de contenir la hausse des prix. Il rappelle que l’exécutif avait consacré plus de 13 milliards de dirhams au programme de reconstitution du cheptel, tout en affirmant que celui-ci dépasserait les 40 millions de têtes et que l’offre destinée à l’Aïd couvrirait largement la demande. Le PJD soutient toutefois que ces annonces ne se sont pas traduites, selon lui, par une amélioration tangible de la situation pour les consommateurs, ce qui alimente sa demande de faire toute la lumière sur les conditions d’octroi et de gestion de ces soutiens publics.

Dans le même communiqué, le parti critique également ce qu’il qualifie de « comportement hégémonique » du gouvernement dans sa relation avec l’institution législative. Il l’accuse de s’appuyer sur sa majorité numérique pour faire adopter des projets de loi qu’il présente comme structurants, sans parvenir à un consensus avec les acteurs et les professionnels concernés.

Le PJD cible notamment le projet de loi relatif à l’organisation de la profession d’avocat. Il estime que le gouvernement est revenu sur ses engagements envers les représentants de la profession et a tenté de faire adopter des dispositions portant atteinte à l’indépendance des avocats et aux droits de la défense, ce qui a, selon le communiqué, alimenté les tensions au sein du secteur et perturbé le fonctionnement du service public de la justice.