GenZ : au procès de Zineb Kharroubi, la défense plaide l'acquittement

La défense de la militante du collectif GenZ 212 Zineb Kharroubi, jugée pour "incitation à commettre des crimes ou délits par voie électronique" au cours du mouvement de contestation GenZ l'automne dernier, a plaidé lundi son acquittement devant le tribunal de Casablanca.

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La jeune militante marocaine Zineb Kharroubi, basée à Paris et active au sein du mouvement GenZ212 en France, fait l’objet de poursuites judiciaires au Maroc. Crédit: DR

Zineb Kharroubi, 29 ans, installée en France, avait été interpellée le 12 février dernier à son arrivée à l’aéroport de Marrakech, puis relâchée quelques heures plus tard.

Selon ses avocats, les accusations à son encontre sont fondées sur des publications sur Instagram relatives à un « appel à rassemblement » devant l’ambassade du Maroc à Paris, lancé par le collectif GenZ 212.

Celui-ci avait organisé fin septembre des manifestations pacifiques dans plusieurs villes du Royaume pour réclamer des réformes dans les secteurs de la santé et de l’éducation ainsi que la « fin de la corruption ».

Lors de l’audience, les avocats de Mme Kharroubi, Yassine Ben Lakrim et El Hassan Essonni, ont plaidé sa relaxe, faisant valoir que « manifester n’est pas un délit au Maroc », et qu’appeler à un rassemblement ne saurait donc constituer une « incitation à commettre un délit ».

Ils ont également argué que les faits reprochés s’étaient déroulés en France et non au Maroc.

Absente lundi, Mme Kharroubi avait déjà manqué les précédentes audiences en raison d’obligations professionnelles en France, a expliqué à l’AFP Me Essonni.

La représentante du parquet a rejeté des arguments de la défense, présentés lors d’une précédente audience, faisant état de vices de procédure, et a réclamé une condamnation de la prévenue, sans préciser de peine.

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En vertu de l’article du Code pénal relatif à l' »incitation à commettre des crimes ou délits », la militante encourt entre trois mois et cinq ans de prison, ainsi qu’une amende pouvant aller jusqu’à 100.000 dirhams (environ 9.300 euros).

Le jugement doit être rendu lors d’une prochaine audience fixée au 29 juin.

Quasi-quotidiens pendant deux semaines, les rassemblements s’étaient progressivement essoufflés, notamment après un discours du roi appelant à accélérer les réformes sociales et l’annonce par le gouvernement d’un « effort budgétaire » pour 2026 en faveur de la santé et de l’éducation.

En marge du mouvement GenZ 212, deux soirées avaient été marquées par des actes de vandalisme et des heurts qui ont fait trois morts près d’Agadir.

(avec AFP)