Selon les données présentées au sujet de cette plateforme, l’initiative repose sur l’idée que les programmes ne peuvent pas être rédigés dans des salles fermées, mais doivent être élaborés en interaction avec les citoyens, les élites, les acteurs de terrain et la société civile.
La méthodologie retenue s’appuie sur une combinaison de six niveaux méthodologiques, comprenant les enquêtes de terrain en porte-à-porte, le questionnaire numérique via ce portail, les ateliers régionaux, les séminaires sectoriels, les rencontres avec des experts, ainsi que les groupes de discussion ciblés.
La plateforme, annoncée ce lundi lors d’une conférence de presse organisée à Rabat, vise à recueillir 50.000 contributions d’ici le 30 juin 2026. Ces contributions devront alimenter l’élaboration de 12 axes programmatiques intégrés.
Selon le calendrier annoncé, la campagne participative a officiellement démarré le 1er juin 2026. La clôture des contributions est prévue avant le 30 juin 2026, tandis que l’annonce du programme électoral est attendue le 15 juillet 2026.
La plateforme propose des axes portant notamment sur l’éducation et l’identité nationale, la santé et la protection sociale, l’emploi, l’entrepreneuriat et l’investissement, la sécurité alimentaire, hydrique et énergétique, le renforcement de la démocratie et la lutte contre la corruption, ainsi que les finances publiques.
Elle comprend également des questions transversales liées à l’accélération de la transformation numérique, aux jeunes et à la famille, à la lutte contre les disparités territoriales, au soutien du pouvoir d’achat, au développement du capital humain et à l’ancrage de la participation citoyenne.
Dans ce contexte, Mustapha El Khalfi, président de la commission centrale chargée de l’élaboration du programme électoral du PJD, a expliqué que la plateforme consacre une rubrique aux Marocains résidant à l’étranger. Il a souligné qu’il ne s’agit pas seulement des Marocains établis au Maroc, mais aussi des Marocains du monde, le parti souhaitant que ce programme soit représentatif des Marocains.
Concernant la question des langues, El Khalfi a indiqué que les axes de la plateforme ont été présentés en deux langues afin d’encourager les personnes souhaitant contribuer à soumettre leurs propositions dans la langue de leur choix. Il a ajouté que la présentation de propositions dans une langue étrangère ne pose aucun problème, et que l’amazighe est également la bienvenue, en tant que composante de l’identité nationale.
El Khalfi a également précisé que l’ensemble des documents sur lesquels le parti a travaillé a permis de dégager 139 propositions dans 15 secteurs gouvernementaux ou domaines d’intervention. Il a affirmé que les questions déjà annoncées ou définies trouveront leur place, estimant que le congrès a dégagé une orientation visant à corriger la trajectoire de mise en œuvre du projet de l’État social.
Il s’est aussi arrêté sur le dossier de la protection sociale, soulignant que le parti a réclamé le rétablissement de la couverture médicale des étudiants et la correction des dysfonctionnements du système d’aide aux veuves. Il a indiqué qu’au moins 50.000 veuves devraient retrouver ce soutien, qu’il considère comme un droit acquis.
El Khalfi a également évoqué l’existence de sept millions de Marocains en dehors de la couverture médicale, appelant à se référer au rapport de la Cour des comptes concernant la couverture sanitaire, les catégories exclues du système et les dysfonctionnements liés à la mise en œuvre du chantier de la protection sociale.
S’agissant de la lutte contre la corruption et de la réforme politique, El Khalfi a affirmé que cet axe comporte plusieurs points, dont la problématique électorale et la réforme électorale. Il a rappelé que le parti avait présenté un mémorandum à ce sujet et qu’il poursuivra son plaidoyer en faveur de règles démocratiques encadrant l’opération électorale et la plaçant sur des bases saines, notamment en ce qui concerne sa position sur le quotient électoral.
De son côté, Mohamed Ennaji, membre de la commission centrale chargée de l’élaboration du programme électoral du PJD, a expliqué que le parti examinera la manière de traiter la question des langues afin que l’interface de la plateforme soit disponible, au moins, en deux ou trois langues, tout en laissant aux participants la possibilité de répondre dans la langue de leur choix.
Ennaji a précisé que la plateforme est soutenue par l’intelligence artificielle, ce qui lui permet de traiter les contributions soumises dans n’importe quelle langue.
Concernant les « mouches électroniques » et la cybersécurité, Ennaji a indiqué que la plateforme, bien qu’elle n’ait pas encore été officiellement lancée et soit toujours en cours de développement, a déjà fait l’objet de dizaines d’attaques, affirmant que des mécanismes de protection ont été mis en place.
