Depuis jeudi, la Campagne marocaine pour le boycott académique et culturel (MACBI) appelle sur les réseaux sociaux à l’annulation de ces dates, lui reprochant ses concerts passés à Tel Aviv, ses collaborations avec des artistes israéliens, ainsi que certaines déclarations médiatiques jugées favorables à Israël.
Dans son communiqué, le collectif justifie sa démarche : “Aujourd’hui, de nombreux acteurs culturels continuent de collaborer avec des institutions israéliennes malgré le génocide en cours. Cette normalisation contribue à blanchir les crimes israéliens. Le boycott culturel est une réponse politique non violente qui appelle à s’opposer à toute forme de normalisation des relations publiques ou privées avec l’État israélien et ses institutions.” La MACBI précise que sont notamment visés les artistes qui se produisent dans les territoires occupés ou qui collaborent avec des institutions ou artistes affichant un soutien explicite au régime israélien.
Face à ces critiques, la productrice des concerts du Casamusic Show, Kenza Cheddadi, directement pointée du doigt par la MACBI rejette fermement les accusations. Elle affirme que Kendji Girac n’a jamais pris position sur le conflit israélo-palestinien, et rappelle que l’artiste s’est déjà produit plusieurs fois au Maroc sans polémique, notamment au festival TaghaMusic et à Mawazine. Pour elle, ces concerts relèvent d’une démarche purement artistique, sans aucune dimension politique.
À l’origine de la controverse : un concert donné à Tel Aviv à l’été 2022, lors duquel le chanteur avait déclaré dans une interview que le peuple gitan serait proche du peuple juif et descendrait d’Israël. À l’époque, BDS France lui avait déjà adressé une lettre ouverte pour exiger l’annulation du spectacle. En novembre 2025, des appels similaires avaient précédé son concert à Beyrouth, sans succès.
Sa collaboration avec le chanteur israélien Omer Adam sur le titre Bomba, ainsi que son morceau Oh ! Prends mon âme — dont la bande-son s’inspirerait de l’hymne national israélien — tiré de l’album Mi Vida, continuent eux aussi de susciter des critiques.
Contacté par TelQuel, un membre du collectif MACBI tient néanmoins à nuancer la portée de l’initiative : “Le public n’était pas forcément au courant des liens de Kendji Girac avec Israël. Notre rôle, en tant que collectif, c’est également d’informer les spectateurs, qui sont ensuite libres d’assister ou non au concert.” Les deux concerts du chanteur sont à ce jour maintenus.
