Projet de loi sur la profession : les adouls intensifient la pression devant le Parlement

La contestation des adouls se poursuit et s’intensifie. Lundi matin, plusieurs centaines d’entre eux se sont rassemblés devant le Parlement à Rabat, à l’appel de l’Instance nationale des adouls du Maroc, pour dénoncer un projet de loi encadrant la profession qu’ils jugent excluant et en réclamer le retrait.

Par

Selon Alyaoum 24, cette mobilisation intervient dans un contexte de crispation accrue, alors que le texte, déjà adopté par la Chambre des représentants, a été approuvé le même jour par la Commission de la justice, de la législation et des droits de l’Homme à la Chambre des conseillers, une étape qui a attisé davantage la colère du corps professionnel.

Dès 10 heures, les manifestants ont commencé à affluer devant l’institution législative, où des représentants des conseils régionaux ont assuré l’enregistrement des participants. Sur place, les slogans ont exprimé un rejet frontal du projet de loi, avec des messages tels que “Assez de marginalisation”, “Non à l’exclusion professionnelle”, “Les adouls dénoncent la discrimination” et “Les adouls réclament un mécanisme de dépôt”. D’autres pancartes, en français, interpellaient directement les élus : “En tant que parlementaires, vous êtes donc responsables de la qualité des lois”.

Dans leurs interventions, plusieurs adouls ont insisté sur l’absence de différence entre leur profession et celle des notaires, mettant en avant leur formation juridique et religieuse. Sur un ton ironique, certains ont également dénoncé la volonté de les enfermer dans une image traditionnelle, estimant que l’évolution de leur tenue reflète les transformations du métier.

Au cœur des revendications figure la question de l’accès à un mécanisme de gestion des dépôts, dont ils se disent privés, malgré leur rôle dans la rédaction d’actes complexes nécessitant des garanties juridiques et institutionnelles.

à lire aussi

Le président de l’Instance nationale des adouls, Soliman Adkhoul, a réaffirmé que cette mobilisation s’inscrit dans le rejet du contenu du projet de loi, tout en critiquant le fait que le chef du gouvernement n’ait pas reçu une délégation représentant la profession, contrairement à ce qui a été accordé aux avocats. De son côté, Saïd Sarrour, président du Conseil régional des adouls de Tanger, a exprimé son mécontentement face à l’absence de réponse aux demandes de dialogue, estimant que le texte porte atteinte à des acquis professionnels historiques.

Ce sit-in s’inscrit dans une série d’actions déjà engagées par la profession, allant d’une suspension partielle de l’activité à des rassemblements devant des institutions publiques, avant l’annonce d’un arrêt total des services à partir de ce jour.

Les adouls maintiennent leurs principales revendications, en tête desquelles la possibilité de disposer de comptes de dépôt, à l’instar des notaires, afin de renforcer la sécurité contractuelle. Estimant que leurs demandes restent ignorées dans la version actuelle du projet de loi, ils annoncent leur intention de poursuivre la mobilisation pour obtenir une révision globale du texte ou son retrait.