Nizar Baraka reconnaît des “échecs” face à la spéculation et critique le bilan socio-économique du gouvernement

Le secrétaire général du Parti de l’Istiqlal et ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a adopté un ton critique envers le gouvernement, lors d’une rencontre du groupe parlementaire de son parti, tenue dimanche 19 avril à Rabat.

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Nizar Baraka, ministre de l'Équipement et de l'Eau du Maroc, en octobre 2025. Crédit: Rachid Tniouni

Selon nos confrères d’Al3Omk, et dans son intervention, Nizar Baraka a relevé que les prix des carburants au Maroc ont augmenté plus fortement qu’à l’international, malgré les mesures prises pour réduire les marges. Il a dénoncé « la persistance d’une culture de la cupidité et de l’exploitation des crises », estimant que « le gouvernement n’a pas réussi à contenir la spéculation, ce qui a affecté négativement le pouvoir d’achat des citoyens ».

Selon lui, cette dynamique se retrouve également sur le marché du bétail, où les prix ont récemment augmenté malgré une offre abondante. Il a ajouté que « le citoyen n’a pas ressenti les effets des efforts de lutte contre la corruption, malgré le grand nombre de poursuites engagées durant ce mandat gouvernemental, ce qui reflète en revanche une certaine fermeté dans le traitement de ces dossiers ».

Le responsable istiqlalien a par ailleurs alerté sur l’acuité de la question de la souveraineté alimentaire, qu’il considère comme un défi majeur dans un contexte marqué par les fluctuations de la production agricole et des chaînes de distribution, avec des répercussions directes sur le quotidien des Marocains.

Sur le plan de l’emploi, Nizar Baraka a jugé les résultats insuffisants, notant que le taux de chômage n’a reculé que de 13,6% à 13%, malgré une hausse des investissements publics, passés de 230 à près de 380 milliards de dirhams entre 2021 et 2026. Il a attribué cette situation à un manque d’engagement du secteur privé, évoquant des pertes d’emplois et une participation féminine toujours faible, passée de 19% à 20%, avec un chômage persistant chez les femmes.

Concernant le pouvoir d’achat, il a estimé que les mesures de soutien — subventions du gaz butane, de l’électricité et du transport, suppression de la TVA sur certains produits et allégements fiscaux — n’ont pas empêché la dégradation de la situation de la classe moyenne.

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S’agissant des retraites, Baraka a plaidé pour une réforme en profondeur, soulignant que l’absence de consensus a retardé ce chantier. Il a insisté sur la nécessité de mettre en place « un pôle public fort en matière de retraite capable d’assurer un équilibre entre viabilité financière et justice sociale », tout en affirmant que son parti œuvre pour améliorer les conditions des retraités et garantir la pérennité des régimes.

Tout en reconnaissant que le gouvernement a enregistré des avancées, il a admis l’existence « d’échecs » qu’il juge « impossibles à nier ». Il a enfin estimé que les prochaines échéances électorales constituent une étape politique majeure nécessitant une vision claire, appelant à approfondir la réflexion stratégique, notamment autour de la mise en œuvre du projet d’autonomie et de la construction d’un « Maroc à une seule vitesse », conformément aux orientations royales.