Province de Sraghna : à Sidi Aissa Ben Slimane, une carrière et une colère populaire

La commune rurale de Sidi Aissa Ben Slimane, dans la province de Sraghna, a été le théâtre d’affrontements, mardi 24 mars, entre les forces de l’ordre et des habitants qui barrent une route menant vers une carrière de pierres. Voici ce que l’on en sait pour le moment.

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Le siège de la commune de Sidi Aissa Ben Slimane. En médaillon, le député Noureddine Aït El Haj.

Six blessés parmi les éléments de la Gendarmerie royale, dont un haut gradé, et 14 dans les rangs des Forces auxiliaires. C’est le bilan, encore provisoire et non officiel, des affrontements qui ont eu lieu, mardi 24 mars, entre des dizaines d’habitants et les forces de l’ordre venues veiller à l’exécution d’une décision judiciaire pour dégager la route menant vers une carrière de concassage des pierres.

Selon les sources de TelQuel, le problème ne date pas d’hier et implique surtout les habitants du douar Oulad Rami, l’un des bourgs de cette commune rurale de près de 20.000 âmes, selon le recensement de 2024.

Les habitants de Sidi Aissa Ben Slimane n’ont pas arrêté de se plaindre, depuis près de deux années, des effets néfastes sur leur environnement immédiat, selon eux, de l’installation sur le territoire de leur commune d’une carrière de concassage de pierres.

D’après leurs requêtes, formulées lors de plusieurs sit-in devant la province de Kelaât Sraghna, ladite carrière dégage des poussières qui pourraient menacer les élèves d’une école à 200 mètres, représenter des risques pour l’agriculture et le pâturage et même pour la nappe phréatique. Sans parler des nuisances occasionnées par les incessants va-et-vient des engins mis en service par les investisseurs.

Un parlementaire au-dessus des lois ?

La politique s’invite aussi à cette polémique. La société qui exploite la carrière contestée est apparentée au député Noureddine Aït El Haj. Sauf que l’élu de l’USFP et avocat au barreau de Marrakech répond qu’elle est au nom de son frère, un MRE installé en France. Ce dernier aurait investi 10 millions de dirhams pour exploiter la carrière dont l’ouverture a été précédée par une enquête d’impact environnemental (EIE) sur décision de l’ancien wali de la région Marrakech-Safi.

Une EIE que contestent les habitants qui manifestent de différentes manières depuis plusieurs mois. Aux dernières nouvelles, 300 habitants, ceux de Douar Oulad Rami en grande partie, ont signé et remis aux autorités locales une pétition sériant leurs griefs contre la carrière de la famille du parlementaire socialiste.

Entretemps, les Aït El Haj ont porté l’affaire devant la justice qui leur a donné raison et la force publique a été dépêchée sur place pour dégager la route (5 mètres de largeur) menant vers la carrière et donc déloger les habitants en colère.

Au moment où nous mettions cet article en ligne, les autorités publiques, aux niveaux local et central, n’ont pas fourni leur version des faits. Il s’agit, en plus de confirmer les bilans des blessés qui circulent, des éventuels tirs de sommation de la force publique pour disperser les manifestants.

L’on est toutefois en mesure d’affirmer qu’au moins cinq personnes ont été interpellées alors que d’autres sont activement recherchées pour jets de pierres contre les forces de l’ordre.

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