Rabat : les expropriations au quartier de l’Océan s’étendent à l’avenue Al Khattabi et au siège du MUR

À Rabat, un projet d’arrêté relatif à la cession de parcelles dans le quartier de l’Océan relance les interrogations sur le recours à l’expropriation, après l’échec des acquisitions à l’amiable. Malgré des déclarations officielles écartant cette option, la liste des biens concernés dans la capitale s’élargit et suscite des inquiétudes.

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Il n’est question, au centre-ville de Rabat comme dans les cercles immobiliers, que du projet intitulé : “annonce du dépôt et de la publication d’un projet d’arrêté de la ministre de l’Économie et des Finances autorisant la cession de propriété des parcelles nécessaires au développement urbain (deuxième tranche) dans la commune de Rabat”.

Le projet d’arrêté, qui n’a pas encore été publié au Bulletin officiel, s’appuie sur une convention de partenariat signée en février 2024 entre la Direction des domaines de l’État et la Wilaya de la région Rabat-Salé-Kénitra, visant l’acquisition de biens immobiliers situés dans le quartier de l’Océan à Rabat.

Selon des informations de terrain recueillies par TelQuel Arabi, après l’échec de la procédure d’“acquisition à l’amiable” — malgré ce qui est décrit comme des pressions quotidiennes exercées sur les propriétaires —, les autorités pourraient recourir à l’expropriation pour cause d’utilité publique, conformément à la loi n° 7-81.

Cette évolution intervient en dépit d’une déclaration antérieure de la maire de Rabat, Fatiha El Moudni, le vendredi 14 mars 2025, affirmant que “l’opération en cours à Saniya Gharbia, dans le quartier de l’Océan, ne relève pas de l’expropriation pour utilité publique. Il s’agit d’une relation contractuelle entre vendeur et acquéreur, fondée sur un accord mutuel”.

Si le projet est adopté, la liste des biens concernés par l’expropriation dans le quartier de l’Océan comprend des centaines d’unités : appartements, commerces, entrepôts, garages, villas, terrains nus ou bâtis, maisons, studios et bureaux.

La principale surprise de cette liste est l’inclusion de biens situés sur l’avenue Abdelkrim Al Khattabi, qui ne figuraient pas dans les plans précédemment évoqués. Le ciblage porte notamment sur le bien dénommé “M’barek”, du numéro 1 au 19, comprenant un mélange de commerces (boulangerie, laiterie, boutiques), de garages en rez-de-chaussée et en sous-sol, ainsi que des dizaines d’appartements répartis sur cinq étages.

Rues et ruelles concernées

L’opération s’étend à d’autres axes, avec en tête l’avenue Mokhtar Jazoulit, suivie d’un réseau complexe de ruelles, notamment : rue Tokyo, rue Zanzibar, rue Naples, rue Addis-Abeba, rue America, rue Rome, rue Accra, rue Cordoue (Kortoba) et rue Venise.

Elle englobe également des carrefours stratégiques, tels que l’angle entre la rue Addis-Abeba et l’avenue Mokhtar Jazoulit, l’intersection des rues Zanzibar et Tokyo, ainsi que l’angle des rues Tanger et Safi. D’autres ruelles secondaires sont aussi concernées, comme rue Monrovia, rue Oslo et rue Al Ghos.

La liste inclut aussi des unités commerciales et de services (magasins, cafés, bureaux), ainsi que des infrastructures logistiques comme les entrepôts et parkings souterrains.

Elle couvre également des droits immobiliers dissociés, comme les droits de surplomb (surélévations ou parties en saillie des bâtiments), recensés avec précision.

La liste comprend enfin le siège de l’association Mouvement Unicité et Réforme, partenaire idéologique du Parti de la justice et du développement (PJD), situé au 22 rue Calcutta. Le bien est enregistré sous le nom “Maria” (R/23357) et correspond à un terrain comprenant des constructions sur une superficie d’environ 345 m².

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