“Daroua”, la graisse cameline aux multiples vertus

Dans les provinces du Sud du Royaume, la graisse de la bosse du dromadaire, localement appelée “Daroua”, occupe une place particulière dans les traditions culinaires et thérapeutiques. Longtemps utilisée dans un cadre domestique, cette substance naturelle fait aujourd'hui l'objet d’une valorisation croissante portée par plusieurs coopératives locales.

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Au fil des années, ces structures économiques ont développé un savoir-faire dans la transformation de la graisse cameline en produits alimentaires, cosmétiques et thérapeutiques, répondant ainsi à une demande de plus en plus marquée aussi bien sur le marché local qu’international.

Dans ce cadre, la coopérative Ahl El Jid pour la production et la valorisation de la viande cameline à Es-Semara a accumulé une expérience de plus de 15 ans dans ce domaine, en proposant une large gamme de produits à base de cette matière grasse riche en nutriments.

Au sein de l’atelier de production, les femmes de la province découpent la « Daroua » en petits cubes de graisse qui subissent ensuite des procédés traditionnels de fonte et de filtration jusqu’à obtenir un liquide blanc appelé « Loudek ». Les petits morceaux qui restent après la fonte à petit feu sont connus sous le nom de « Lahmisse » et sont également valorisés dans la cuisine locale.

Par la suite, « Loudek » est soigneusement mis en boîte et étiqueté, répondant aux exigences sanitaires requises, dont l’agrément de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA).

Dans une déclaration à la MAP, le président de la coopérative « Ahl El Jid », Himdaha Abda, a indiqué que la structure s’approvisionne en bosse de dromadaire de qualité auprès des abattoirs contrôlés par l’ONSSA, précisant que la matière première est transportée dans un véhicule frigorifique vers l’unité de production.

La coopérative propose également des crèmes, savons et huiles à base de « Daroua », des produits de plus en plus appréciés pour leurs bienfaits cosmétiques, a-t-il ajouté, soulignant que la structure s’est engagée dans une démarche de diversification afin de proposer aux clients une large gamme de produits.

Selon lui, cette matière grasse occupe aussi une place importante dans la médecine traditionnelle, étant réputée pour soulager les troubles respiratoires, les douleurs articulaires et musculaires, ainsi que certains problèmes de peau.

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Les coopératives produisent aussi plusieurs spécialités culinaires à base de produits carnés camelins, tels que « Tichtar », « Lahmisse », « Lakhliî » ou encore « Tidguit », qui connaissent une forte demande, notamment durant le mois de Ramadan.

Pour sa part, le chef du service vétérinaire provincial d’Es-Semara relevant de l’ONSSA, Abdelaziz Binbijji, a souligné que « Daroua », qui a une haute valeur nutritive, fait l’objet d’un contrôle quotidien par les services de l’Office.

M. Binbijji a, dans ce sens, fait savoir que la coopérative « Ahl El Jid » dispose de deux agréments sanitaires délivrés par l’ONSSA et joue un rôle important dans la valorisation des produits camelins tant à l’échelle nationale qu’internationale.

Très prisée par les habitants des régions du Sud, « Daroua » demeure un ingrédient essentiel dans certains plats traditionnels, reflétant un savoir-faire culinaire bien maîtrisé transmis de génération en génération.

Ces dernières années, la valorisation de la viande et de la graisse camelines a ainsi connu une évolution notable, passant d’un simple produit traditionnel local à une filière structurée reposant sur des bases scientifiques, des méthodes de transformation et des normes sanitaires.

(avec MAP)