Procès de Zineb Kharroubi : l’audience reportée au 9 mars

Le procès de Zineb Kharroubi, ouvert ce 23 février devant le tribunal de première instance de Casablanca, a été renvoyé au 9 mars à la demande de la défense qui n’a, à ce stade, pas encore pris possession du document d’inculpation, selon son avocate, Me Sara Soujar.

Par

La jeune militante marocaine Zineb Kharroubi, basée à Paris et active au sein du mouvement GenZ212 en France, fait l’objet de poursuites judiciaires au Maroc. Crédit: DR

La jeune militante marocaine, basée à Paris et active au sein du mouvement GenZ212 en France, est poursuivie pour des publications sur les réseaux sociaux. Selon les informations disponibles, il s’agirait de trois posts distincts, à l’origine des poursuites engagées à son encontre.

Contactée par TelQuel, son avocate, Me Sara Soujar, explique : “Nous avons demandé un report d’audience pour préparer la défense car à date nous n’avons pas encore reçu le document d’inculpation”. La demande a été acceptée par le tribunal. “Le procès a été reporté au 9 mars”, précise-t-elle.

Pour rappel, Zineb Kharroubi, qui travaille dans une société de production et de distribution de films en France, avait été interpellée le 12 février à son arrivée à l’aéroport de Marrakech-Ménara, en provenance de France. Transférée à Casablanca, elle avait passé une nuit en garde à vue avant d’être présentée au substitut du procureur près la cour d’appel. Elle avait finalement été remise en liberté, tout en restant poursuivie.

Selon son entourage, elle n’avait pas pu bénéficier de l’assistance d’un avocat lors de sa présentation au parquet, en raison du mouvement de grève observé à l’époque par les avocats contre le projet de loi 66.23 relatif à l’organisation de la profession.

à lire aussi

L’affaire avait rapidement suscité une vague de réactions dans les milieux associatifs et militants. Des organisations marocaines de défense des droits humains, dont l’Association marocaine des droits humains (AMDH), avaient dénoncé une arrestation qu’elles jugeaient préoccupante au regard de la liberté d’expression. Des collectifs de la diaspora, notamment l’Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF), avaient également exprimé leur soutien.

Peu avant l’ouverture du procès, la mobilisation s’est poursuivie en ligne. Le cinéaste franco-marocain Ismaël El Iraki a lancé le 22 février une pétition sur la plateforme Change.org demandant l’abandon des charges contre la militante. Le texte, qui a été signé par plus de 220 personnes en moins de 24 heures, appelle les autorités à garantir la liberté d’expression et à mettre fin aux poursuites engagées contre elle.