Le gouvernement a fait « marche arrière », ce qui « nous a rapproché d’une sortie de crise », a déclaré à l’AFP Omar Mahmoud Bendjelloun, membre du bureau exécutif de l’Association des barreaux du Maroc (ABAM).
Le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a ainsi annoncé la semaine dernière la mise en place d’une « commission mixte » entre l’exécutif et les professionnels pour trouver un terrain d’entente, a expliqué Bendjelloun.
Le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, était à l’origine de ce projet de loi sur l’organisation de la profession d’avocat, présenté comme visant à moderniser le secteur et à renforcer les mécanismes de lutte contre la corruption.
Le texte, pourtant adopté par le gouvernement début décembre, ne sera donc pas transmis immédiatement pour examen et vote au Parlement comme prévu.
Les avocats menaient une grève perlée depuis plusieurs semaines et avaient organisé début février une manifestation nationale qui avait rassemblé des milliers de robes noires à Rabat.
Ils dénonçaient une loi jugée attentatoire à l’immunité et à l’indépendance, garanties considérées comme essentielles par la profession pour l’ensemble du système judiciaire.
Lors d’une session parlementaire, Ouahbi s’était dit prêt à discuter des revendications des avocats.
« Le dossier est entre vos mains », avait-il dit aux députés. « Qu’ils (les avocats) vous donnent les changements qu’ils veulent et j’en discuterai avec vous (…) Je suis prêt à renoncer, à modifier ou à réformer tout ce qui nuit aux avocats ».
Mais, avait-il souligné, « la profession d’avocat a besoin de changement et je vais mettre en œuvre ce changement ».
(avec AFP)
