La réforme des programmes scolaires franchit un cap administratif important. Un arrêté ministériel, publié au Bulletin officiel le 2 février 2026, fixe enfin les modalités de rémunération et d’indemnisation des membres de la commission permanente chargée du renouvellement et de l’adaptation des curricula et des programmes. Un texte attendu depuis l’installation de cette instance en 2024, et qui la rend désormais pleinement opérationnelle sur le plan financier.
L’installation de la commission intervient suite à l’avis émis en juin 2021 par le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique, qui avait appelé le ministère à se doter d’un mécanisme capable d’actualiser et de réformer les curricula de façon continue. Ce chantier, considéré comme l’un des leviers majeurs de transformation de l’école marocaine, est intervenu concomitamment avec l’élaboration, puis l’adoption du projet de loi 59.21 relatif à l’enseignement scolaire. Restait à doter l’organe chargé du pilotage technique de moyens concrets d’action. C’est l’objet de l’arrêté publié cette semaine.
Une indemnité mensuelle de 30.500 DH
Le texte encadre précisément les rétributions accordées aux responsables et intervenants mobilisés dans le cadre des travaux de la commission. Le président de la commission permanente bénéficie d’une indemnité mensuelle fixée à 30.500 dirhams.
Les membres de la commission, pour leur part, perçoivent une indemnité par participation effective aux travaux. Le montant est fixé à 3.698 dirhams par jour de travail et par réunion, dans la limite de deux réunions par mois.
L’arrêté prévoit également la rémunération d’intervenants extérieurs sollicités pour éclairer les travaux de la commission. Les experts consultés sont indemnisés à la journée, avec des honoraires qui varient selon le profil et la nature de la mission. Le plafond des émoluments est fixé à 3.500 dirhams par jour de travail.
En ce qui concerne les déplacements, l’arrêté prévoit une indemnité de 700 dirhams par jour pour les déplacements à l’intérieur du Maroc, et 2.000 dirhams pour les déplacements à l’étranger. Pour l’hébergement, le texte prévoit une dépense plafonnée à 1.000 dirhams/jour.
La publication de ce cadre réglementaire comble ainsi un vide procédural de la commission depuis sa mise en place officielle en février 2024. À l’époque, l’installation de cette structure avait été présentée comme une étape clé pour assurer une révision continue des curricula, en lien avec l’évolution des savoirs, des compétences et des attentes socio-économiques. Mais l’absence de mécanisme de rémunération formalisé retardait la mobilisation régulière d’experts et la planification soutenue des travaux. Avec cet arrêté, la réforme des curricula passe d’une vision politique à un dispositif concret.
