Aux abords des enceintes sportives, le long des grandes artères urbaines ou à la sortie des gares et des stations de tramway, la même scène se répète chaque jour de match. Maillots aux couleurs des sélections africaines, écharpes, drapeaux ou casquettes s’exposent sur des étals improvisés, composant un décor devenu indissociable de la ferveur populaire qui accompagne la compétition.
Pour de nombreux vendeurs ambulants, cette période représente une opportunité économique précieuse afin de générer un revenu ponctuel au rythme des rencontres et de l’affluence. À mesure que la compétition avance, l’activité s’intensifie, transformant les jours de match en véritables pics de revenus, à l’image de l’effervescence prévue ce mercredi, jour des deux demi-finales Maroc-Nigeria et Sénégal-Égypte.
“La CAN me permet de gagner en quelques heures ce que je fais normalement en une semaine”
“La CAN nous permet de travailler presque tous les jours. Lors des grands matchs, je peux vendre en quelques heures ce que je gagne habituellement en une semaine”, confie à la MAP Youssef, vendeur ambulant aux abords d’un stade de Rabat.
La CAN imprime ainsi sa cadence à la ville. Dès le début de l’après-midi, les rues s’animent, les passants ralentissent, négocient, échangent. Le commerce saisonnier devient un prolongement naturel de la fête, mêlant économie informelle et expression culturelle. Chaque article vendu est à la fois un symbole de soutien à une équipe et un souvenir que les supporters emportent avec eux.
Cette dynamique est particulièrement visible autour des complexes sportifs récemment aménagés, où la concentration des flux favorise l’initiative individuelle. Sans organisation formelle, l’activité se structure de manière spontanée, révélant une grande capacité d’adaptation. Les vendeurs ajustent leurs produits selon les affiches du jour, les équipes en lice et les préférences des supporters marocains, africains ou internationaux.
“Quand la sélection tunisienne ou congolaise joue, on adapte les couleurs et les articles. Les supporters aiment repartir avec quelque chose qui représente leur passage au Maroc”, explique Amina, commerçante occasionnelle à Rabat.
Au fil des rencontres, la CAN redessine temporairement l’espace public. Les trottoirs deviennent des lieux de transaction, les places se transforment en zones de convergence et l’économie du quotidien s’adapte à l’événement sportif. Bien que saisonnière, cette activité contribue à la circulation de revenus et soutient de nombreux foyers pendant plusieurs semaines.
Plus largement, cette effervescence met en lumière une autre facette de l’impact de la CAN sur le pays hôte. Au-delà des infrastructures et de la visibilité internationale, le tournoi agit comme un révélateur de dynamiques sociales existantes, offrant un espace d’expression à des formes d’emploi souvent invisibles mais profondément ancrées dans le tissu urbain.
Dans cette ambiance de fête continue, le football devient aussi un levier de travail et d’initiative.
La CAN 2025 ne se joue pas uniquement sur la pelouse. Elle se vit également dans la rue, au contact direct d’un Maroc en mouvement, où chaque match ouvre, pour beaucoup, une parenthèse de travail et d’espoir portée par la ferveur du continent.
(avec MAP)
