La ville de Fès a vécu, dans la nuit de lundi 5 à mardi 6 janvier, un état d’alerte maximale après l’effondrement de deux immeubles présentant une fragilité structurelle avancée, les rendant incapables de résister aux fortes précipitations enregistrées ces dernières semaines. Les deux bâtiments figuraient, en effet, sur la liste des habitations menaçant ruine établie par les autorités locales.
Les premiers appels d’urgence ont été lancés tard dans la nuit de lundi depuis Derb Daoudi, dans le quartier Rmila, relevant du tissu urbain de la médina de Fès, où le plafond d’une maison ancienne s’est effondré, faisant une blessée parmi ses occupantes. La victime a été dégagée des décombres avec l’aide des riverains, avant d’être transportée au service des urgences de l’hôpital régional Al Ghassani pour recevoir les soins nécessaires.
Ce premier effondrement a mobilisé l’ensemble des autorités et a conduit le wali de la région Fès-Meknès, Khalid Aït Taleb, à quitter la tribune officielle du Grand Stade de Fès, où il suivait, aux côtés du président de la Confédération africaine de football (CAF), le match des huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique opposant le Nigeria au Mozambique, afin de se rendre sur les lieux et suivre l’évolution de la situation.
Trois heures à peine après ce premier incident, le quartier Aïn Drissi, relevant de l’arrondissement de Jnane El Ward, a à son tour été le théâtre de l’effondrement d’un immeuble de trois étages, lui aussi classé parmi les bâtiments menaçant ruine.
Selon des témoignages recueillis par TelQuel Arabi sur place, les autorités avaient déjà pris, il y a plusieurs mois, des décisions d’évacuation à l’encontre des occupants de l’immeuble effondré. Si aucune perte humaine n’a été enregistrée, l’effondrement a toutefois causé des dégâts matériels à un bâtiment voisin, qui fera l’objet d’une expertise technique afin de vérifier sa conformité aux normes urbanistiques et techniques en vigueur, a indiqué une source responsable.
Un événement similaire à Rabat, la même nuit
Un drame similaire s’est produit lundi soir à Rabat, où l’effondrement partiel d’un immeuble du quartier Akkari a fait deux morts et quatre blessés, selon les autorités locales de la Préfecture de Rabat. Le bâtiment, composé d’un rez-de-chaussée commercial et de deux étages habités par une seule famille, s’est partiellement effondré, mobilisant immédiatement les services de secours et de la Protection civile.
Une enquête a été ouverte sous la supervision du Parquet pour déterminer les circonstances exactes de la tragédie, qui s’inscrit dans une série d’effondrements touchant plusieurs villes du Royaume ces dernières semaines.
