Dans des déclarations concordantes à TelQuel Arabi, des sinistrés ont indiqué que certaines familles se sont réfugiées provisoirement à la Maison de l’étudiant, tandis que d’autres ont été contraintes de se tourner vers des proches et des voisins.
Lors de la mobilisation, les protestataires ont placé en tête de leurs revendications la nécessité de fournir un logement décent préservant la dignité des familles affectées et leur garantissant des conditions de vie sûres et indépendantes, loin des solutions d’hébergement collectif qui, selon eux, ont aggravé leur souffrance psychologique et sociale, en particulier pour les foyers comprenant des femmes, des enfants et des personnes âgées.
Les manifestants ont appelé à loger tous les sinistrés, de manière urgente et temporaire, par la location de maisons indépendantes jusqu’à la mise en place de solutions durables, au lieu de se limiter à des solutions qualifiées de « bricolées », jugées insuffisantes au regard de l’ampleur des dégâts et de la situation humaine des familles sinistrées.
Ils ont également demandé l’indemnisation de l’ensemble des victimes pour les pertes subies au niveau de leurs habitations et de leurs biens, estimant que les dommages ne se sont pas limités au logement, mais ont aussi touché le mobilier et l’ensemble des équipements, au point que plusieurs familles ont tout perdu en quelques instants.
Dans le même contexte, les protestataires ont alerté sur la dangerosité du maintien dans des habitations menaçant ruine. Ils exigent la protection immédiate de la population face aux risques, en procédant sans délai à l’évacuation de ces maisons et en prenant des mesures d’urgence pour éviter de nouvelles catastrophes, potentiellement plus tragiques.
Au-delà de l’intervention immédiate, les sinistrés réclament aussi des mesures préventives urgentes pour empêcher la répétition de la catastrophe, à court comme à long terme : retirer les exploitations agricoles du couloir de l’oued, rétablir son lit naturel et adopter des solutions durables protégeant la zone et ses habitants contre les risques d’inondations.
Ils ont précisé que leur sit-in est pacifique et vise à attirer l’attention des autorités sur l’ampleur de la souffrance endurée, exprimant l’espoir d’une réaction sérieuse et responsable traduisant leurs revendications en actions concrètes, préservant la dignité humaine et rétablissant la sérénité des familles touchées.
Ces protestations font suite aux inondations qu’a connues l’oued Al-Bathaa le 13 décembre 2025, lesquelles ont provoqué l’effondrement de plus de 20 maisons et ont laissé des dizaines de familles vulnérables sans abri au ksar Al-Manqara, après que les crues ont dévié de leur trajectoire naturelle et envahi les habitations bordant le cours d’eau.
Selon des témoignages de sinistrés et d’acteurs associatifs, ce qui s’est produit serait lié à des interventions humaines dans le lit naturel : construction d’exploitations agricoles, remblayage des khettaras et édification d’ouvrages au milieu de l’oued. Autant d’actions qui auraient affaibli l’ancien mur de protection, lequel protégeait le ksar et les ksour voisins.
Les mêmes éléments indiquent que les signes avant-coureurs de la catastrophe sont apparus dès septembre 2024, après l’effondrement d’une partie du mur de protection datant de l’époque du défunt roi Mohammed V, sans que celui-ci ne soit reconstruit ni que des mesures préventives soient prises. Ce qui a aggravé l’ampleur des dégâts lors des dernières inondations, orientant les crues vers les habitations, tandis que les exploitations agricoles sont restées à l’abri des pertes.
