Des directives urgentes ont été diffusées dans plusieurs régions, notamment Casablanca-Settat, Marrakech-Safi, Rabat-Salé-Kénitra et Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, appelant à la tenue immédiate de réunions au niveau des préfectures, provinces et arrondissements, rapportent nos confrères de Hespress.
Selon Hespress, ces réunions associent les présidents des communes et arrondissements, les responsables des services d’urbanisme, ainsi que des représentants de l’Agence nationale de rénovation urbaine et de réhabilitation des bâtiments menaçants ruine. Les gouverneurs ont également été invités à solliciter les bureaux d’études techniques afin d’évaluer l’état réel des constructions concernées.
L’initiative vise à établir un recensement précis des bâtiments menaçant ruine, à localiser leur implantation et à déterminer leur situation technique, en vue de l’élaboration de rapports détaillés transmis aux walis. Cette étape doit précéder des réunions sectorielles au niveau régional, dans une logique de coordination renforcée de l’administration territoriale.
Parallèlement, les autorités ont été appelées à actualiser les registres existants en adoptant des critères plus stricts pour apprécier la vulnérabilité urbaine, en tenant compte des données techniques et de l’état des infrastructures environnantes. Les directives insistent aussi sur le renforcement du contrôle des autorisations de réparation et de construction, ainsi que des certificats de conformité à l’habitation, afin de détecter les infractions, en particulier les surélévations illégales dissimulées sous couvert de travaux de réhabilitation.
Dans ce cadre, des opérations de cartographie aérienne par drones sont prévues dans les zones concernées. Les images collectées seront analysées par les autorités régionales et croisées avec les données des agences urbaines et de l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie, issues de recensements antérieurs. L’objectif est de mieux identifier les violations urbanistiques et d’orienter les interventions de terrain des caïds et pachas, mobilisés pour intensifier leurs enquêtes administratives.
Cette démarche s’inscrit dans la continuité de rappels déjà adressés par le ministère de l’Intérieur aux gouverneurs concernant l’application de la loi n°66.12 relative au contrôle et à la répression des infractions en matière d’urbanisme et de construction, après des retards constatés dans la tenue des réunions prévues avec les architectes et les représentants de l’autorité. En amont, l’administration centrale avait également donné instruction de rattacher certains caïds aux préfectures, en raison de soupçons de leur implication dans la prolifération des infractions, parallèlement à des mesures disciplinaires visant des auxiliaires d’autorité impliqués dans des rapports jugés trompeurs et dans des dysfonctionnements lors des opérations de contrôle.
