Selon nos confrères d’Alyaoum 24, dans une question écrite adressée au ministre de la Santé, Amine Tehraoui, Tamni demande de révéler officiellement l’ampleur des « profits non légitimes » réalisés par les entreprises pharmaceutiques en raison des dysfonctionnements du système de tarification. Elle se fonde sur des rapports et données officielles faisant état d’irrégularités graves dans le respect des procédures, en particulier pour les médicaments importés : déclarations inexactes de leur valeur à la douane, écarts non justifiés avec les prix pratiqués dans les pays de référence définis par l’article 3 du même décret. Autant d’éléments qui, selon elle, ont permis à des laboratoires nationaux et internationaux de dégager des marges « non méritées », estimées à plus de 1,5 milliard de dirhams par an, en l’absence d’un contrôle institutionnel efficace.
La députée souligne également les répercussions financières de ces dysfonctionnements sur les régimes d’assurance maladie obligatoire. Elle cite notamment le cas de la CNOPS, dont les réserves sont passées de 11 milliards de dirhams en 2020 à 4 milliards actuellement, une baisse préoccupante tant que la tarification reste inchangée.
Tamni appelle le ministère à préciser les mesures engagées pour assurer l’application stricte du décret sur les prix des médicaments, en particulier pour le contrôle des produits importés. Elle demande aussi quelles actions urgentes sont prévues pour protéger le pouvoir d’achat et garantir la pérennité des systèmes d’assurance maladie. Enfin, elle interpelle le gouvernement sur l’échéance d’une réforme globale du dispositif de tarification, qui devrait, selon elle, instaurer transparence, compétitivité et équité.
