Auditionné par les députés, Fouzi Lekjaa, ministre délégué chargé du budget, a souligné que « la plateforme de calcul de l’indice social doit impérativement être actualisée et développée pour accompagner les évolutions et garantir l’équité ». Il a reconnu l’existence de situations particulières nécessitant des ajustements, citant notamment « l’arrêt du soutien pour des citoyens après la hausse de l’indice en raison de la recharge du solde téléphonique ».
Le ministre a expliqué que la réforme a représenté une étape décisive, marquée par le passage d’une procédure administrative fondée sur les documents papier à un système reposant sur l’analyse, la précision et l’adoption d’un ensemble de critères…, Il a précisé que la plateforme prend en compte les spécificités territoriales, avec 38 variables en milieu urbain et 28 variables en milieu rural, le seuil maximal d’éligibilité étant fixé à 9,74301.
À fin novembre, la plateforme avait permis la prise en charge de 3,3 millions de ménages, soit 42 % des familles marocaines, représentant 12,6 millions de bénéficiaires. Réagissant aux critiques, Lekjaa a répété : « Cette équation que nous avons entre les mains doit nécessairement changer et évoluer ; nous sommes face à un travail humain ».
À propos des exclusions liées aux recharges téléphoniques, il a déclaré à une députée : « Je suis d’accord avec vous que des dizaines de citoyens ont peut-être utilisé la “recharge” et se sont retrouvés au-dessus du seuil de l’indice social qui leur permet de bénéficier du soutien direct ». Il a toutefois insisté que « l’essentiel est que cette approche, avec ce qu’elle comporte de positif et de négatif, nous a donné 12,4 millions de Marocains bénéficiaires, pour un montant de 27 milliards de dirhams ».
Lekjaa a réaffirmé que la formule de calcul doit être revue « pour accompagner les évolutions et traiter ces cas exceptionnels », soulignant qu’il s’agit d’une « nécessité urgente pour parvenir à une justice optimale dans la distribution du soutien direct ».
S’inscrivant dans le cadre du chantier royal relatif à la protection sociale, le gouvernement, a-t-il dit, procède à un « ajustement continu du système pour réaliser la justice optimale ».
Il a enfin rappelé que l’objectif est de mesurer l’impact réel du dispositif, qu’il s’agisse de la protection de l’enfance, de la santé maternelle ou de l’insertion socio-économique des familles, ajoutant que la création de l’Agence nationale du soutien social vise à « accompagner les familles bénéficiaires » et à assurer un suivi territorial étendu.
