Lekjaa annonce le lancement prochain de la réforme sur l’indemnité de chômage

Fouzi Lekjaa, ministre délégué chargé du Budget, a déclaré que le gouvernement lancerait, dans les prochaines semaines, la réforme de l’indemnité pour perte d’emploi.

Par

Fouzi Lekjaa au Parlement, le 13 janvier 2025. Crédit: Rachid Tniouni / TelQuel

Avant la fin de la législature, nous nous orientons vers l’intégration de la population active exerçant une activité économique dans un système leur garantissant un revenu après la fin de leur parcours professionnel, système qui pourra être qualifié de retraite », a-t-il déclaré mercredi, en réponse aux interventions des groupes parlementaires lors de la séance plénière dédiée à la discussion du projet de loi de finances 2026.

Lekjaa a expliqué que cette réforme est « structurelle et sociétale », et qu’elle s’inscrit dans la logique de progressivité voulue par le roi Mohammed VI. Elle ne peut donc pas être appréhendée « selon la logique d’une année budgétaire ou d’une mandature, mais dans celle d’un cumul continu ».

Le ministre a précisé que le coût global de cet effort social « avoisine les 50 milliards de dirhams », avant d’ajouter : « Avons-nous réglé toutes les problématiques ? Je dirais non. Beaucoup d’aspects nécessitent un suivi permanent et une dynamique positive pour atteindre les objectifs. Le gouvernement y travaille. »

Évoquant la révision en cours des modalités d’accès des différentes catégories sociales aux dispositifs de soutien, Lekjaa a souligné que « lorsqu’on s’accorde sur les objectifs et sur la méthodologie de travail, nous sommes unis. Les dysfonctionnements et difficultés sont naturels, car nous parlons de dizaines de millions de citoyens. »

Interrogé sur la nature du projet de loi de finances — simple compilation de chiffres, lecture technique ou traduction d’orientations politiques — Lekjaa a assuré que « le PLF 2026 ne peut être analysé indépendamment d’un processus historique et d’un parcours de développement entamé il y a plus de 26 ans ». Il a insisté sur le fait que les choix royaux ont été clairs : construire un modèle de développement conciliant économique et social dans une parfaite cohérence et dynamique positive.

Le ministre a affirmé que la compréhension du PLF dans ce cadre montre des choix explicites, puisqu’il « consolide continuellement les fondements de l’État social ». Il a rappelé que le gouvernement a lancé le chantier de la protection sociale conformément au calendrier fixé par le souverain.

Selon Lekjaa, 12 millions de familles marocaines bénéficient du soutien direct, au sein d’un système reposant sur des processus sélectifs. Un tiers des Marocains auparavant inscrits au régime RAMED ont intégré le régime d’assurance maladie obligatoire.

Concernant le logement, le responsable gouvernemental a souligné le passage d’un système fondé sur des exonérations fiscales à un soutien direct, une décision politique dotée de critères précis et d’enveloppes financières suffisantes, que le PLF traduit par des chiffres explicites.

Sur le plan économique, Lekjaa a rappelé que les choix opérés par le Maroc ont « démontré leur capacité à réagir positivement aux chocs mondiaux », citant la pandémie de Covid-19 qui a entraîné la perte de 400 000 emplois, une chute de 70 % des arrivées touristiques, une baisse de la valeur ajoutée ainsi qu’un déficit budgétaire de 7,1 % et une dette de 73 %.

à lire aussi

Il a ajouté que le gouvernement avait mobilisé, dans l’après-Covid, 2 milliards et 1,5 milliard de dirhams pour relancer l’offre sanitaire, un choix « qui a produit les résultats escomptés ».

Lekjaa a enfin révélé qu’à la fin du mois de novembre, l’année budgétaire devrait se clôturer sur un déficit d’environ 3,5 % et une dette avoisinant 66 %, avant d’ajouter que la même trajectoire sera poursuivie l’année prochaine.