Une députée FGD alerte sur la spéculation immobilière dans la région de Rabat

Fatima Tamni, députée de la Fédération de la gauche démocratique, affirme que le secteur immobilier a connu une hausse « vertigineuse et inédite » des prix des appartements dans certaines zones de Kénitra, Aïn Aouda et Témara, dans la région de Rabat, suite à l’annonce du programme de soutien direct au logement.

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Dans une question écrite adressée à Fatima Ezzahra El Mansouri, ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, Tamni explique que des unités jusque-là classées comme logement économique ont vu leurs prix passer d’environ 250.000 dirhams à 450.000 dirhams et plus. Elle souligne que, dans certains cas, la hausse a atteint le double sans justification financière ou technique convaincante, parfois en échange de simples améliorations esthétiques superficielles.

La députée ajoute que « plus grave encore, cette flambée s’accompagne d’une faiblesse de la qualité de construction », évoquant l’apparition de vices sérieux dans de nombreux appartements peu de temps après leur occupation, ce qui contrevient au minimum requis en matière d’habitat décent et aux cahiers des charges en vigueur.

Elle estime que « ces indicateurs montrent qu’une part importante du soutien public destiné aux citoyens s’est en réalité retrouvée dans les poches de certains promoteurs immobiliers via la hausse des prix ». Une dérive qui, selon elle, vide le programme de sa philosophie sociale et aggrave la crise du pouvoir d’achat au lieu de l’atténuer. Elle pointe aussi la multiplication de témoignages faisant état d’exigences de paiements “au noir” imposés par certains promoteurs, en violation flagrante de la loi et des droits des citoyens cherchant à accéder à un logement décent.

Tamni interroge ainsi la ministre sur « les mesures d’urgence que le ministère compte prendre pour mettre fin à cette vague de spéculations immobilières », ainsi que sur la révision des mécanismes d’aide et des conditions d’éligibilité afin de garantir que le soutien profite réellement à ceux qui en ont besoin, plutôt qu’il ne se transforme en rente déguisée au profit de certains promoteurs.

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Elle demande également à la ministre de préciser les actions prévues pour encadrer et contrôler les prix du logement économique et intermédiaire, et pour s’assurer du respect des prix de référence annoncés avant l’entrée en vigueur du programme.

La députée s’interroge enfin sur l’intention du ministère de « mettre en œuvre des mécanismes de contrôle stricts » afin de garantir le respect des cahiers des charges et l’amélioration de la qualité des logements destinés aux ménages à revenu limité, de manière à mettre un terme aux pratiques de fraude et de contournement qui portent atteinte à la sécurité du logement et à la dignité des citoyens.

Dans sa question, Tamni rappelle qu’après l’annonce du nouveau programme d’aide directe au logement et le lancement de la plateforme numérique « Daam Sakn » au profit de l’ensemble des citoyens au Maroc et à l’étranger, l’opinion publique avait accueilli la mesure avec optimisme, espérant qu’elle faciliterait l’accès à un logement décent, allégerait les charges financières des familles et rééquilibrerait un marché marqué par des dysfonctionnements structurels chroniques.

Toutefois, ajoute-t-elle, les données circulant sur le terrain et les témoignages répétés de professionnels et de citoyens révèlent des développements inquiétants qui contredisent l’esprit même du programme.