Pour l'administration Trump, “l'époque où le Moyen-Orient dominait la politique étrangère américaine est heureusement révolue”

L'administration Trump a publié, ce vendredi un document qui redéfinit sa “Stratégie de sécurité nationale”. Dans ce document, Washington assume un recentrage net de sa politique étrangère, et affirme, notamment, que “l'époque  où le Moyen-Orient dominait la politique étrangère américaine, aussi bien dans la planification de long terme que dans l’exécution quotidienne, est heureusement révolue”.

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Donald Trump pose, triomphant, avec l’accord signé lors du sommet mondial des dirigeants visant à mettre fin à la guerre à Gaza, à Sharm el-Cheikh le 13 octobre. Crédit: DR

La Maison-Blanche insiste néanmoins sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un désintérêt pour la région : ce n’est « pas parce que le Moyen-Orient ne compte plus, mais parce qu’il n’est plus la source d’irritation constante et de catastrophe imminente qu’il a été ».

Cette évolution repose d’abord sur le facteur énergétique : « les approvisionnements en énergie se sont largement diversifiés » et « les États-Unis sont de nouveau un exportateur net d’énergie ».

« La compétition entre superpuissances a cédé la place à une rivalité entre grandes puissances, dans laquelle les États-Unis conservent la position la plus enviable, renforcée par la revitalisation réussie par le président Trump de nos alliances dans le Golfe, avec d’autres partenaires arabes et avec Israël », ajoute la Maison-Blanche.

Le texte met également en avant un affaiblissement de l’Iran, qualifié de « principale force déstabilisatrice de la région ».

Selon la nouvelle stratégie de sécurité américaine, Téhéran a été « fortement affaibli » par les actions israéliennes depuis le 7 octobre 2023 et par l’opération américaine Midnight Hammer de juin 2025, qui aurait « significativement dégradé » son programme nucléaire.

Sur Gaza, le document souligne que, malgré un conflit « épineux », « un progrès vers une paix plus durable a été réalisé » grâce au cessez-le-feu et à la libération d’otages négociés par Donald Trump. Il note aussi que « les principaux soutiens du Hamas ont été affaiblis ou se sont retirés ».

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Ce diagnostic ouvre ainsi la voie à une doctrine moins réformatrice et plus transactionnelle.

L’administration dit vouloir « encourager et saluer la réforme quand et là où elle émerge de manière organique, sans chercher à l’imposer de l’extérieur ». La clé serait d’« accepter la région, ses dirigeants et ses nations tels qu’ils sont ».

Aussi, pour encourager la lutte contre le radicalisme, Washington entend « abandonner l’expérience mal avisée consistant à sermonner ces nations » afin de les pousser à renoncer à leurs traditions politiques.

Dans cette perspective, le Moyen-Orient est appelé à devenir « une source et une destination d’investissements internationaux » dans des secteurs « bien au-delà du pétrole et du gaz », notamment le nucléaire civil, l’IA et les technologies de défense.

Repositionnement en Afrique

La stratégie américaine en Afrique connaît un repositionnement parallèle. La Maison-Blanche juge que « pendant bien trop longtemps, la politique américaine en Afrique s’est concentrée sur la fourniture, puis sur la diffusion, d’une idéologie libérale ».

Désormais, elle appelle à « une transition d’un paradigme d’aide étrangère vers un paradigme d’investissement et de croissance ».

Washington veut privilégier des partenariats avec des États africains « capables » et « fiables », et opérer « une transition d’une relation axée sur l’aide vers une relation axée sur le commerce et l’investissement ».

La stratégie identifie comme terrains immédiats d’intérêt « le secteur de l’énergie et le développement de minerais critiques ».

Sur le plan sécuritaire, elle mentionne des opportunités de médiation au Rwanda-RDC ou au Soudan, ainsi que la prévention de nouveaux conflits en Afrique de l’Est, tout en affirmant la nécessité d’« éviter toute présence ou tout engagement américain de long terme ».