Pour Seghrouchni, l'adoption du Cloud, levier essentiel pour la souveraineté numérique

L'adoption du Cloud est un levier essentiel pour la souveraineté numérique, a affirmé, mardi à Rabat, la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni.

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Intervenant lors de la séance d’ouverture de la « Semaine du Cloud », organisée par le ministère en partenariat avec le groupe Oracle, Seghrouchni a souligné que le Cloud est un pilier fondamental de la stratégie nationale « Maroc numérique 2030 », permettant aux administrations de suivre le rythme des évolutions rapides de l’intelligence artificielle (IA) et des nouvelles technologies.

Et de relever que la non-adoption du Cloud représente non seulement un retard technologique, mais comporte également des risques concrets, tels que l’augmentation des coûts, la réduction de la capacité d’innovation, la vulnérabilité persistante des systèmes existants et la difficulté à exploiter le potentiel de l’IA, devenue largement dépendante des infrastructures modernes de Cloud.

Une feuille de route pour les services Cloud

Le ministère se penche sur l’élaboration d’une feuille de route pour les services Cloud 2025-2030 qui définit un ensemble d’objectifs pratiques représentant un changement stratégique dans la manière dont les systèmes d’information sont conçus et développés au sein du secteur public, a-t-elle fait savoir.

Dans ce contexte, elle a indiqué que le premier pilier de cette feuille de route repose sur la mise en place d’une politique nationale « Cloud First », qui imposera le recours prioritaire au Cloud dans tous les nouveaux projets informatiques des administrations publiques.

Selon Seghrouchni, la mise en œuvre de cette politique sera encadrée par une structure centralisée claire, grâce à la création du Comité national de pilotage de la politique nationale « Cloud First », et par un programme complet de renforcement des capacités. Ce programme comprend des formations continues et des ateliers techniques permanents comme les « Cloud Days » et les « Cloud Weeks », ainsi que la création d’un Centre d’Excellence Cloud, placé sous la tutelle du ministère et la mise en œuvre par l’Agence de Développement du digital, en vue d’apporter un soutien technique et développer un cadre national pour la migration vers le cloud.

Le deuxième objectif de la feuille de route est d’assurer une transition sécurisée et ordonnée des données publiques vers le cloud. Cet objectif sera atteint en garantissant la conformité avec la législation nationale sur la protection des données, à travers des fournisseurs qualifiés et en développant une infrastructure de cloud souveraine nationale pour les systèmes d’information sensibles de l’Etat, a-t-elle ajouté.

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Ce projet nécessite également d’aligner les cadres contractuels et budgétaires sur les modèles opérationnels modernes, notamment le modèle « OPEX » basé sur la consommation, a-t-elle relevé, ajoutant que le ministère œuvre, en coordination avec le ministère des Finances, pour assurer une transition harmonieuse et permettre aux administrations de conclure des contrats avec les fournisseurs de services cloud de manières flexible et efficace.

En somme, la transition vers le cloud n’est pas une simple mise à niveau technologique, mais un catalyseur pour le lancement d’une nouvelle génération de services publics de haute qualité, disponibles 24H/7J, évolutifs et adaptés aux besoins des citoyens et des entreprises, a-t-elle souligné.

Au menu de la Semaine du Cloud, qui se tient sur deux jours, figurent des sessions techniques et prospectives axées notamment sur le rôle du cloud dans le modèle numérique marocain, la présentation des résultats d’une étude nationale sur l’utilisation des services cloud, le cadre réglementaire de la souveraineté numérique et le potentiel de l’IA face à l’adoption généralisée du Cloud au sein des institutions publiques.

(avec MAP)