Les responsables de l’établissement pénitentiaire d’Al-Arjat 1 ont publié lundi un communiqué réfutant les affirmations selon lesquelles le prisonnier Mohamed Ziane aurait commencé une grève de la faim.
Selon ce démenti officiel, le détenu continue de s’alimenter régulièrement et n’a jamais notifié à la direction de la prison son intention de refuser de se nourrir.
L’administration qualifie d’infondées les déclarations de la famille du prisonnier qui prétendait qu’il protestait par ce moyen contre sa détention au-delà de la durée de sa condamnation.
Le communiqué souligne que le fils du détenu, qui assure également sa défense en tant qu’avocat, met potentiellement en péril la santé de son père en diffusant de fausses informations sur une grève de la faim, compte tenu des risques graves associés à une telle action.
Le texte rappelle un incident antérieur datant du 15 février 2024, où le même fils aurait vivement tenté de convaincre son père d’abandonner une grève de la faim de courte durée, ce que l’administration interprète comme une tentative récurrente de manipuler l’opinion publique, quitte à encourager des comportements autodestructeurs.
Contexte judiciaire
Mohamed Ziane a été condamné en 2022 à cinq années d’emprisonnement ferme après une plainte du ministère de l’Intérieur. Le tribunal de première instance de Rabat l’a reconnu coupable de onze infractions, notamment des insultes envers l’institution judiciaire, l’outrage à des institutions publiques, la diffamation, la publication de propos susceptibles d’influencer la justice, l’adultère et le harcèlement sexuel. En mai 2025, la cour d’appel a ramené sa peine à trois ans de prison.
Ces procédures judiciaires font suite à plusieurs interventions médiatiques polémiques au cours desquelles l’ancien bâtonnier et ancien ministre critiquait publiquement des responsables des services de sécurité, allant jusqu’à accuser le directeur général de la sûreté nationale d’avoir fabriqué une vidéo compromettante le visant.
Une figure controversée
Mohamed Ziane, 82 ans, est une figure juridique et politique marocaine dont le parcours mêle engagement politique, défense d’opposants et confrontations avec l’État.
Ancien bâtonnier et ancien ministre des Droits de l’Homme sous le règne de Hassan II, il a également fondé et dirigé le Parti marocain libéral (PML). Né à Malaga en Espagne, il est le gendre d’Ahmed Reda Guedira, considéré comme un homme fort du régime de Hassan II et ami proche du défunt roi.
Au cours de sa carrière d’avocat, Mohamed Ziane s’est illustré en défendant des figures contestataires, notamment les militants du Hirak et le journaliste Taoufik Bouachrine.
(Avec MAP)
