Espagne : l’extrême droite critique la remise de nouveaux 4×4 au Maroc pour renforcer la lutte contre la migration

Le parti d’extrême droite espagnol Vox ravive une nouvelle fois la polémique, après les déclarations de son député de Grenade, Jacobo Robato, qui a critiqué l’état de la flotte de la Garde civile espagnole tout en évoquant le « soutien » apporté par le gouvernement espagnol à l’équipement sécuritaire destiné au Maroc.

Par

Dans un communiqué publié mardi, Robato affirme que les agents de la Garde civile dans la province de Grenade « sont contraints de patrouiller à bord de véhicules délabrés semblables à des tartanas (carrioles, ndlr) », selon ses termes, tandis que « le gouvernement espagnol fournit des véhicules tout-terrain neufs à la police marocaine », d’après ses accusations.

Le député d’extrême droite estime que la flotte de la Garde civile est « en piteux état », soulignant que « la plupart des véhicules ont dépassé les 200 000 kilomètres » et que plusieurs unités connaissent « un déficit aigu en moyens logistiques », ce qui, selon lui, met en danger la sécurité des agents lors de leurs interventions.

Robato cite un rapport de l’Association unifiée de la Garde civile (AUGC) à Grenade, qui accuse le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, de « manquer d’intérêt pour les revendications des agents » et d’ignorer leurs demandes répétées concernant le renouvellement du matériel et l’amélioration des conditions de travail.

Le responsable de Vox a également rappelé la mort de deux agents de la Garde civile à Barbate (Cadix) l’an dernier, tués après avoir été percutés par des trafiquants à bord d’un hors-bord, estimant que la « faiblesse des moyens » a été un facteur déterminant dans ce drame.

à lire aussi

Bien que le débat porte sur la situation de la Garde civile sur le territoire espagnol, Robato a choisi d’attaquer la politique du gouvernement envers le Maroc, affirmant que Madrid « a dépensé près de cinq millions d’euros pour équiper la police marocaine en véhicules tout-terrain », en référence aux programmes européens destinés à lutter contre la migration irrégulière et la criminalité transfrontalière.

Ce point précis est régulièrement utilisé par les partis d’extrême droite dans leur bataille politique contre le gouvernement de Pedro Sánchez, alors même que les programmes de soutien au parc sécuritaire marocain s’inscrivent dans le cadre d’accords de coopération euro-méditerranéens communs en matière de sécurité et de migration.