Cette démarche intervient après une campagne de pression intensive menée par le parti d’opposition dans des conseils locaux de plusieurs communes de la région de Murcie et de certaines municipalités andalouses, allant jusqu’à une position officielle du gouvernement de la région de Murcie lui-même, qui a adopté un discours hostile à l’accord agricole conclu entre Rabat et Bruxelles.
Selon le journal El Confidencial, le Parti populaire présentera des initiatives parlementaires remettant en question le nouvel accord agricole entre l’Union européenne et le Maroc, et alertant sur ce que le parti décrit comme « les dommages causés à l’agriculture espagnole », notamment en Andalousie et à Murcie ; tout en demandant des explications au gouvernement sur l’impact de la relation privilégiée entre Madrid et Rabat sur « la sécurité frontalière ».
Les dirigeants du parti estiment que le nouvel accord « renforce l’influence du Maroc au sein du marché européen » et rend Rabat « plus audacieux sur des dossiers sensibles comme l’avenir de Ceuta et Melilla », selon le rapport cité.
Une source diplomatique marocaine — citée par le journal — a exprimé l’agacement de Rabat face à la tentative du Parti populaire de « militariser » le dossier du Sahara dans les batailles politiques internes en Espagne. La partie marocaine a affirmé que la question du Sahara n’est pas une carte électorale, que les accords avec l’Europe reposent sur des bases juridiques claires, et a insisté sur le fait que le Maroc ne tolère pas que l’on remette en cause son partenariat stratégique avec Madrid.
Des observateurs espagnols estiment que le Parti populaire cherche, par ces démarches, à mettre sous pression le gouvernement de Pedro Sánchez en matière de politique étrangère, à exploiter la sensibilité des questions migratoires et de Sebta et Melilia pour embarrasser l’exécutif, ainsi qu’à attirer l’attention du secteur agricole espagnol, qui accuse Rabat de « concurrence déloyale ». Le parti vise également à peser sur les relations bilatérales à un moment où les débats autour des frontières et de la migration sont particulièrement vifs.
Le Parti populaire soutient que le nouvel accord entre Rabat et Bruxelles accorde davantage de privilèges aux produits agricoles marocains sur le marché européen et affaiblit la compétitivité des exploitations espagnoles, tout en accentuant « l’isolement » du gouvernement socialiste au niveau interne, selon ses termes.
Le gouvernement espagnol considère pour sa part que la relation avec le Maroc est une question stratégique liée à la sécurité énergétique, à la lutte contre la migration irrégulière, à la coopération sécuritaire, ainsi qu’à la stabilité régionale en Méditerranée occidentale.
