Le Maroc veut former “100 000 talents numériques par an à l'horizon 2030”, selon Amal El Fallah Seghrouchni

La ministre de la Transition numérique et de la Réforme de l'administration, Amal El Fallah Seghrouchni, a annoncé, lors de la 120ᵉ session du Conseil exécutif de l'Organisation arabe pour le développement administratif, que le Maroc finalise les dernières étapes de la feuille de route de la transformation administrative 2026-2030.

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Amal El Fallah Seghrouchni au Parlement, le 23 décembre 2024. Crédit: Rachid Tniouni / TelQuel

À Rabat, Amal El Fallah Seghrouchni a dévoilé les contours d’un vaste chantier de modernisation de l’administration publique marocaine. Au cœur de son intervention : l’annonce de la finalisation imminente de la feuille de route dédiée à la transformation administrative 2026-2030, un projet structurant qui ambitionne de refonder en profondeur le fonctionnement de l’État.

“Au Maroc, sous la vision éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, nous sommes pleinement conscients des défis que pose le développement de l’administration publique”, a déclaré d’emblée la ministre devant les délégations arabes réunies dans la capitale marocaine.

Cette nouvelle feuille de route s’inscrit dans le prolongement direct des orientations royales et des recommandations formulées par les institutions constitutionnelles et internationales ayant évalué le Plan national de réforme de l’administration 2018-2021.

“Le ministère finalise actuellement la feuille de route dédiée à la transformation administrative 2026-2030, qui vise à renforcer l’efficacité de l’administration publique et à rationaliser son fonctionnement, tout en améliorant la qualité des services offerts aux citoyens”, a précisé Amal El Fallah Seghrouchni, soulignant que “ce chantier s’inscrit dans la continuité des Hautes Orientations Royales et des recommandations des institutions constitutionnelles et internationales”.

Trois chantiers majeurs pour une administration modernisée

Selon la ministre, le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration “conduit trois chantiers majeurs visant à asseoir une gouvernance fondée sur l’efficacité et la performance” : la mise en œuvre de la stratégie “Maroc Digital 2030”, l’élaboration d’une feuille de route sur l’intelligence artificielle, et la conception d’un plan d’action dédié à la transformation administrative.

“La stratégie “Maroc Digital” vise ainsi à accélérer la transformation numérique de l’administration, renforcer son efficacité, améliorer la compétitivité économique et consolider la position du Royaume comme acteur régional de premier plan dans l’économie numérique”, a expliqué la ministre.

Parmi les objectifs phares de cette stratégie : la généralisation et la simplification des services publics numériques, la réduction de moitié des délais administratifs, le doublement des recettes issues des exportations numériques, le soutien aux start-ups, et la promotion de l’innovation dans l’intelligence artificielle et la souveraineté numérique. L’ambition affichée est de taille : “Elle ambitionne également de former 100 000 talents numériques par an à l’horizon 2030”, a souligné Amal El Fallah Seghrouchni.

“Consciente du rôle structurant de l’intelligence artificielle, et sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le ministère a organisé la première Conférence nationale sur l’intelligence artificielle”, a rappelé la ministre, qualifiant cet événement de “majeur” ayant “lancé un débat national profond sur l’intégration de l’IA dans l’élaboration des politiques publiques”.

Cette conférence a permis, selon ses dires, “la mise en place de partenariats stratégiques avec des centres de recherche internationaux et des entreprises technologiques, le renforcement des compétences nationales, le développement des infrastructures numériques et la consolidation de la cybersécurité”.

C’est le volet le plus attendu de la réforme. La feuille de route 2026-2030, actuellement en phase de finalisation, doit servir de cadre opérationnel à la refonte de l’administration marocaine. Elle intègre les enseignements tirés des précédentes réformes et s’adapte aux mutations technologiques qui redéfinissent les attentes citoyennes en matière de service public.

Le Centre numérique pour le développement durable, une dimension régionale

Dans une perspective de coopération Sud-Sud, Amal El Fallah Seghrouchni a également mis en avant une initiative pionnière : “Le Royaume du Maroc a lancé, en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le développement, et en marge de la 80ᵉ session de l’Assemblée générale à New York, le Centre numérique pour le développement durable (D4SD)”.

“Cette initiative pionnière ambitionne de devenir une plateforme régionale de coopération, d’innovation et de renforcement des capacités numériques, au service des pays arabes et africains”, a-t-elle expliqué, avant d’insister sur une conviction forte : “Ce centre reflète une conviction forte : la digitalisation n’est pas une fin en soi, mais un outil stratégique au service du développement durable”.

La ministre a ainsi lancé un appel aux pays présents : “Nous sommes heureux d’inviter aujourd’hui l’ensemble des pays présents à rejoindre cette initiative ambitieuse, afin de contribuer ensemble à l’édification d’un espace numérique arabo-africain intégré, fondé sur l’échange des expertises, le transfert de connaissances et la promotion de l’innovation commune”.

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