L’usurpation de fonctions en tête des affaires de faux et usage de faux au Maroc

Le dernier rapport de l’Observatoire national de la criminalité met en lumière deux décennies d’évolution des crimes de faux, de contrefaçon et d’usurpation d’identité au Maroc. Entre 2002 et 2022, ces infractions ont connu d’importantes fluctuations, atteignant des pics notables en 2005, 2015 et 2019, avant une tendance à la baisse ces dernières années.

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L’Observatoire national de la criminalité a révélé que le nombre d’affaires enregistrées et de personnes poursuivies pour des crimes de faux, de contrefaçon et d’usurpation d’identité a atteint un pic en 2005, avec plus de 7.000 affaires, soit une hausse de 17 % par rapport à 2004. Plus de 10.000 personnes ont été poursuivies cette année-là, marquant une augmentation de 86,1 %.

Selon le rapport analytique de l’Observatoire intitulé “Aperçu statistique de la criminalité au Maroc sur vingt ans (2002-2022)”, l’année 2015 a également connu une hausse notable de ces infractions, avec plus de 6.000 affaires et 12.000 personnes poursuivies. Toutefois, le rapport note une baisse de 14,8 % du nombre d’affaires par rapport à 2014, alors que le nombre de prévenus augmentait de 15,7 %.

L’année 2019 ressort comme celle où le nombre d’affaires et de personnes poursuivies a été le plus élevé entre 2002 et 2022, avec plus de 9.000 dossiers enregistrés et plus de 12.000 prévenus, avant une diminution progressive au cours des années suivantes.

L’Observatoire précise que les usurpations de fonctions, de titres ou de noms représentent 47 % de l’ensemble des affaires de faux recensées durant les vingt dernières années, soit plus de 60.000 dossiers impliquant plus de 80.000 personnes. Viennent ensuite les faux documents administratifs et certificats (32,3 %, soit environ 43.000 affaires et plus de 50.000 prévenus), puis les faux documents commerciaux ou bancaires (10 %, soit plus de 13.000 affaires et 17.000 personnes poursuivies).

Le rapport souligne enfin que cette publication s’inscrit dans la volonté de construire une mémoire institutionnelle de la criminalité au Maroc. Elle résulte d’un effort visant à unifier et consolider les données statistiques judiciaires sur deux décennies, afin d’offrir une base de référence scientifique pour l’analyse des grandes tendances criminelles et d’appuyer l’élaboration de politiques pénales fondées sur les preuves.

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