Dans son dernier Bulletin d’information sur l’état du climat mondial, l’organisation onusienne indique que l’accumulation des hautes températures devrait faire de 2025 « la deuxième ou la troisième année la plus chaude jamais enregistrée ».
Globalement selon l’organisation, les 11 dernières années, de 2015 à 2025, auront été « individuellement les onze années les plus chaudes des 176 années d’observations ». Également, souligne-t-elle, les trois dernières années sont « les plus chaudes jamais enregistrées ».
La température moyenne de surface entre janvier et août 2025 était supérieure de 1,42 °C (plus ou moins 0,12°C) à la moyenne préindustrielle, contre environ 1,55 °C (plus ou moins 0,13°C) pour l’année 2024, souligne l’OMM dans son rapport.
Cette année, précise l’OMM, les conditions El Niño, qui ont accentué le réchauffement climatique en 2023 et 2024, ont laissé place à des conditions plus neutres.
En parallèle, l’organisation souligne que « les concentrations de gaz à effet de serre et la chaleur des océans, qui ont toutes deux atteint des niveaux records en 2024, ont continué d’augmenter en 2025 ».
Un constat confirmé mardi par le Programme des Nations unies pour l’Environnement, qui dans son rapport annuel a indiqué que les émissions avaient encore augmenté de 2,3% l’an dernier, tirées par une forte hausse en Inde, Chine, Russie et Indonésie.
Ces rejets dans l’atmosphère, qui ont atteint 57,7 milliards de tonnes d’équivalent CO2 l’an dernier, doivent baisser fortement pour respecter l’accord de Paris, a rappelé le PNUE.
Banquise en danger
Les chefs d’Etat et de gouvernement, réunis par le président brésilien Lula jeudi et vendredi avant la COP30, devront se pencher sur les moyens à adopter d’urgence pour tenter de remplir les objectifs de cet accord signé il y a dix ans.
Ceux-ci visent à limiter l’augmentation de la température moyenne mondiale « bien en dessous » de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels et d’essayer de la contenir à 1,5°C.
« Cette vague de chaleur sans précédent, conjuguée à l’augmentation record des émissions de gaz à effet de serre l’an dernier, démontre clairement qu’il sera pratiquement impossible de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C dans les prochaines années sans dépasser temporairement cet objectif », a expliqué jeudi Celeste Saulo, secrétaire générale de l’OMM, en écho à un récent constat similaire du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres.
« Mais les données scientifiques sont tout aussi claires : il est encore parfaitement possible et essentiel de ramener les températures à 1,5 °C d’ici la fin du siècle », a-t-elle également souhaité relever.
En marge de ce constat préoccupant, le rapport salue en revanche les progrès effectués en matière d’alerte, avec le doublement du nombre de pays ayant mis en place des systèmes d’alerte précoce multirisques (SAPM). Ceux-ci sont en effet passés de 56 à 119 en 2024.
L’organisation souligne que les Services météorologiques et hydrologiques nationaux jouent un rôle croissant dans les plans d’action climatique, qui selon elle « reconnaissent de plus en plus l’importance des services climatiques, tels que les prévisions saisonnières », dans des secteurs clés comme l’agriculture, l’eau, la santé et l’énergie.
Cependant, 40% des pays n’en disposent toujours pas, et des « mesures urgentes » sont nécessaires pour combler ces lacunes, prévient l’OMM.
L’inquiétude est aussi palpable au sujet du niveau de la mer, sous l’influence combinée du réchauffement et de la dilatation thermique des océans, ainsi que de la fonte des glaciers et des calottes glaciaires.
« La tendance à long terme à l’élévation du niveau de la mer s’est poursuivie malgré une légère fluctuation temporaire due à des facteurs naturels », ajoute le rapport.
En 2025, l’étendue de la banquise arctique après le gel hivernal était la plus faible jamais enregistrée, et celle de la banquise antarctique est restée nettement inférieure à la moyenne tout au long de l’année, souligne l’OMM.
