Changement climatique : 78% des Marocains inquiets, mais l’engagement reste limité

L'Indice vert 2025 révèle un paradoxe : 78% des Marocains considèrent le changement climatique comme une menace réelle, mais leur engagement reste très faible. Entre manque de connaissances et absence d'initiatives locales, la mobilisation citoyenne peine à suivre la prise de conscience.

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Un enfant s'accroupit sur la terre fissurée au barrage d'al-Massira dans le village d'Ouled Essi Masseoud, à environ 140 kilomètres au sud de Casablanca, le 8 août 2022, pendant la pire sécheresse du pays depuis au moins quatre décennies. Crédit: Fadel Senna/AFP

Selon les résultats de l’Indice vert 2025, publié par l’Institut marocain d’analyse des politiques, 78 % des Marocains considèrent le changement climatique comme une menace réelle pour leur pays. Ce constat s’appuie sur des expériences directes liées aux sécheresses prolongées, à la hausse des températures et aux phénomènes extrêmes.

Pourtant, cette prise de conscience ne se traduit pas par une implication forte. 63 % des sondés jugent leurs connaissances environnementales “moyennes”, et 52 % reconnaissent ignorer les lois et politiques en vigueur.

Les réseaux sociaux (33 %) et la télévision (27 %) constituent les principales sources d’information, soulignant l’importance du rôle des médias dans la sensibilisation.

Les inquiétudes se cristallisent autour de la sécheresse et du manque de pluies (47 %), considérés comme le principal défi à venir par 32 % des participants. Quant à la responsabilité de l’action climatique, elle est jugée partagée entre les ménages (28 %), l’État (24 %) et le secteur industriel (16 %). Les obstacles identifiés sont le manque de sensibilisation (37 %) et l’inefficacité des politiques publiques (18 %).

L’engagement citoyen reste faible : seuls 18 % ont participé à des actions organisées au cours des cinq dernières années, freinés par l’absence d’initiatives locales (40 %) ou par le manque de temps (28 %).

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Néanmoins, l’étude révèle un potentiel : 63 % se disent prêts à s’impliquer dans l’avenir, à condition de disposer de programmes de sensibilisation (20 %), d’initiatives locales de volontariat (28 %) et d’un appui plus fort de l’État (20 %).

Réalisée dans le cadre du projet Diraya, l’enquête a bénéficié du soutien du Centre international de recherche pour le développement (IDRC) et de l’Initiative arabe pour la réforme.