Selon Hespress, lors de la présentation du budget sectoriel de son département pour 2026 devant la Commission de la justice, de la législation et des droits de l’Homme, Ouahbi a expliqué que “le débat sur la réforme implique plusieurs institutions, car elle touche à des aspects juridiques, civils et religieux”, ce dernier étant encadré par “l’institution monarchique”.
Évoquant également le projet de réforme du Code pénal, le ministre a souligné que ce chantier “contient de nombreuses problématiques”, puisqu’il “renferme des textes liés à la religion et à la vie humaine” et repose sur “une architecture juridique complète”. Il a ajouté : “Le fait que je sois moderniste et que je soutienne l’élan progressiste au sein du gouvernement ne veut pas dire que ce gouvernement est entièrement moderniste ; il réunit à la fois des voix modernistes et conservatrices.”
“Je ne peux pas proposer des lois simplement pour me distinguer ou par esprit de liberté, cela serait inutile, car nous n’arriverions à aucun résultat”
Ouahbi a reconnu que les équilibres politiques internes influencent inévitablement le contenu des textes de loi : “Le Parti de l’Istiqlal, par exemple, n’est pas conservateur au même degré que le Parti de la justice et du développement, mais il reste conservateur dans une certaine mesure, et il faut l’accepter comme composante de la majorité.” Il a ajouté : “Je ne peux pas proposer des lois simplement pour me distinguer ou par esprit de liberté, cela serait inutile, car nous n’arriverions à aucun résultat.”
Le ministre a insisté sur la nécessité de trouver “un équilibre entre les sensibilités”, tout en admettant que les débats “rejaillissent au Parlement à travers les représentants politiques, porteurs de leurs convictions et idéologies”. Selon lui, ces échanges conduisent parfois à “revenir vers le chef du gouvernement ou le Secrétariat général” afin de “préserver la cohérence du système juridique national” et de “parvenir à un texte équilibré”.
“Le Maroc reste un modèle dans le monde arabe et islamique par la vitalité de ses débats politiques”
Malgré la complexité du processus, Ouahbi a jugé ce travail “fatigant mais enrichissant”, car il permet de “mieux comprendre la nature de la culture juridique nationale, faite d’un mélange de modernité et de conservatisme”. Il a évoqué les pressions de certains milieux souhaitant “abandonner certaines dispositions pour préparer le pays à la Coupe du monde 2030”, face à d’autres qui rappellent que “le Maroc reste un État porteur d’une longue histoire, plus importante que tout événement conjoncturel”.
Le ministre a enfin salué “le rôle de l’opposition”, qu’il a jugée “animée par ses convictions” et non par “le simple plaisir de s’opposer”, estimant que “malgré les divergences, il existe un véritable sens de la responsabilité nationale”. Il a conclu en soulignant que “le Maroc reste un modèle dans le monde arabe et islamique par la vitalité de ses débats politiques”, attribuant cela à “l’ancienneté du modèle politique marocain et à la profondeur de ses traditions depuis la naissance des partis dans les années 1930 et 1940”.
