Nizar Baraka : “La corruption est en hausse et la culture du profit facile nuit à la confiance et au pays”

Nizar Baraka, secrétaire général du Parti de l’Istiqlal, a affirmé que la corruption au Maroc demeure bien présente malgré les mécanismes mis en place pour la combattre, précisant qu’elle a même augmenté, atteignant des niveaux records. Selon lui, le nombre de poursuites engagées au cours des quatre ou cinq dernières années a été sans précédent, touchant des fonctionnaires, des élus, des parlementaires et des juges, ce qui montre qu’un travail est en cours, mais que le phénomène persiste et s’amplifie.

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Nizar Barak, secrétaire général du parti de l'Istiqlal, le 2 novembre 2025 à Bouznika. Crédit: Parti Istiqlal / Facebook

S’exprimant lors du Forum Al Mizan jeunesse 2.0, organisé à Bouznika par le Parti de l’Istiqlal le 2 novembre en présence de plus de 1000 jeunes venus de tout le Royaume, Baraka a estimé que le véritable problème réside dans la transformation des valeurs. Il a expliqué : Aujourd’hui, celui qui touche des pots-de-vin et achète une voiture ou une maison de luxe est perçu comme un homme qui a réussi, tandis que la personne intègre passe pour quelqu’un qui ne comprend rien et qui met sa famille en difficulté.”

Le leader de l’Istiqlal a insisté sur le fait que la moralisation de la vie publique doit commencer par les valeurs, en soulignant : Notre référence doit être notre religion, et nous devons mettre en avant les modèles éthiques qui réussissent dans la société.” Il a ajouté que la culture du “coup facile”, de l’opportunisme et du favoritisme conduit à la perte de confiance envers le pays et ses institutions.

Dans le même registre, Baraka a mis en garde contre la montée du populisme, qu’il juge nuisible pour le pays, appelant à privilégier un débat rationnel et constructif. Il a cité en exemple certains discours réclamant l’arrêt de la construction des stades au profit des hôpitaux, précisant que “chaque secteur dispose de son propre budget”.

Abordant ensuite la question de la sécheresse, le secrétaire général de l’Istiqlal a averti que les changements climatiques que connaît le Maroc rendront les prochaines années encore plus difficiles, et qu’il est urgent d’adopter une approche anticipative dans la gestion de l’eau.

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Il a expliqué que le problème ne réside pas uniquement dans le manque de précipitations, mais aussi dans la mauvaise gestion des ressources disponibles : Certaines retenues de barrages voient leurs eaux transférées vers d’autres villes, ce qui laisse les zones où ces barrages se trouvent souffrir de pénurie.” Il a précisé que la politique actuelle repose sur le dessalement de l’eau de mer pour les villes côtières, afin d’alimenter également les localités voisines.

Enfin, Baraka a indiqué que 60 % de l’eau potable du pays proviendra du dessalement à l’horizon 2030, qu’il y ait sécheresse ou non, ajoutant que le monde rural bénéficiera à son tour de ses propres ressources hydriques dans le cadre d’une politique structurée visant la justice territoriale dans la répartition de l’eau.