Lancée par les autorités pour “rétablir l’ordre dans les espaces publics” et limiter l’occupation jugée anarchique des trottoirs, parkings et autres lieux collectifs, la campagne de libération du domaine public continue de faire débat au Maroc.
L’enquête L’Économiste–Sunergia, publiée le 29 octobre, s’est penchée sur trois questions simples : les Marocains étaient-ils au courant de cette opération? Y adhèrent-ils? Et observent-ils un changement réel sur le terrain?
Selon les résultats, 62% des personnes interrogées déclarent savoir qu’il y a eu une campagne pour la libération du domaine public. Cette prise de conscience est plus forte parmi les hommes, les 35-64 ans, les citadins et les catégories socio-professionnelles supérieures (CSP A et B). À l’inverse, 38% disent ne pas être au courant. Cette méconnaissance est davantage observée chez les femmes, les jeunes de 18 à 24 ans, les plus de 65 ans, les habitants des zones rurales et les CSP D et E.
Une adhésion majoritaire
L’adhésion déclarée à l’opération est majoritaire. Deux tiers des Marocains (66%) se disent d’accord avec cette campagne, dont 55% qui affirment être “tout à fait d’accord”. Le soutien est plus marqué chez les 35-44 ans, en milieu urbain et au sein de la CSP C. À l’opposé, seuls 10% des répondants déclarent ne pas être d’accord avec la campagne, tandis que 24% ne se prononcent pas.
Au-delà de la déclaration d’intention, l’enquête mesure aussi la perception d’un effet concret. 59% des personnes interrogées affirment avoir constaté une amélioration dans l’occupation du domaine public, autrement dit, un meilleur usage des espaces collectifs. Cette impression positive ressort plus fortement chez les hommes, chez les 35-44 ans et au sein de la CSP C. À l’inverse, 17% disent n’avoir observé aucun changement. Là encore, une part non négligeable (25%) ne donne pas d’avis.
Pris ensemble, ces résultats dessinent un paysage où la campagne est largement identifiée, globalement soutenue et perçue comme ayant des effets visibles par une majorité des répondants, même si une partie de la population plus jeune, plus rurale, plus précaire reste moins exposée à l’information et moins convaincue de son impact immédiat.
