Espagne : procès d’une cellule extrémiste de six Marocains

Le tribunal national espagnol a entamé, lundi, les audiences du procès de six personnes accusées d’avoir formé une cellule extrémiste ayant produit des vidéos de propagande jihadiste, tournées en partie sur l’île de Majorque, afin de recruter de jeunes Européens pour rejoindre l’organisation État islamique (Daech) en Syrie et en Irak.

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Des sauveteurs espagnols en voyage pour le Maroc, mardi 12 septembre. Crédit: Ministerio del Interior / X

Selon l’acte d’accusation relayé par l’agence Europa Press, le chef présumé du groupe, Tariq S., menait une campagne de prosélytisme en ligne pour diffuser l’idéologie salafiste radicale via une chaîne YouTube comptant plus de 12 000 abonnés et totalisant plus de 10 millions de vues. Certaines vidéos montraient des scènes tournées dans la ville de Palma, aux Baléares.

Le parquet espagnol indique que Tariq S., avec l’aide de son complice Hussein F., a produit une série de quatre vidéos intitulée « Tofik est parti en Syrie », retraçant l’histoire d’un jeune fictif vivant à Majorque, recruté pour combattre dans les zones de guerre. Hussein F. incarnait lui-même le rôle de Tofik et assurait le montage et la réalisation des vidéos.

Ces contenus, précise l’accusation, véhiculaient un discours de propagande cherchant à convaincre les jeunes musulmans européens de rejoindre le jihad, en glorifiant les combattants comme des héros et en exploitant les images de victimes du conflit syrien.

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L’enquête a établi que Tariq, ancien prédicateur interdit d’activité religieuse au Maroc pour ses positions extrémistes, avait poursuivi son action sur les plateformes numériques. Il entretenait des liens directs avec Daech et avait tenté d’apporter son soutien à des groupes affiliés à Al-Qaïda, tels que le Front Al-Nosra.

Le parquet espagnol réclame huit ans de prison et une amende de 12 000 euros pour les deux principaux accusés, pour incitation et recrutement à des fins terroristes, et cinq ans de prison pour les autres membres, accusés de formation personnelle et de collaboration propagandiste avec une organisation terroriste.

Le ministère public a également révélé que l’un des prévenus, Azouz A., filmait des vidéos montrant des enfants et adolescents s’entraînant au combat, inspirées de scènes diffusées par Daech et accompagnées de chants religieux à caractère violent.

Un rapport souligne qu’un des mineurs impliqués aurait déclaré à ses camarades d’école : « Je vais vous tuer parce que vous n’adorez pas le même dieu que moi. »

L’enquête a enfin établi que plusieurs membres de la cellule étaient originaires du nord du Maroc, où ils avaient reçu une formation religieuse avant de s’installer en Europe. Le chef de la cellule, déjà interdit d’activités prêchantes au Maroc, aurait poursuivi depuis l’étranger son activisme idéologique à travers les réseaux numériques.