Lors de son intervention à la Chambre des conseillers, Berradaa indiqué que le décrochage scolaire reste l’un des défis majeurs de l’école marocaine, tout en assurant que son département met en œuvre plusieurs mesures pour y faire face. Il a cité l’expérience des Écoles pionnières, qui a permis de réduire le taux d’abandon d’environ 4 %, ainsi que le renforcement du suivi individuel des élèves en difficulté à travers des cellules spécialisées appelées à être généralisées à toutes les institutions du secondaire.
Le ministre a également mis en avant le rôle du système “Massar”, désormais utilisé comme outil de détection précoce des élèves à risque de décrochage, grâce à l’analyse des résultats scolaires, des redoublements et des moyennes. Il a, par ailleurs, souligné les obstacles logistiques, notamment le manque d’accès à l’eau potable et à l’assainissement dans les écoles rurales, qui aggravent la situation.
Sur le plan financier, Berrada a révélé que le coût global du dialogue social sectoriel et de ses retombées dépasse 27 milliards de dirhams, dont 10 milliards seront débloqués cette année. Il a assuré que toutes les mesures à incidence budgétaire convenues ont été exécutées à 100 %.
Les deux accords signés les 10 et 26 décembre 2023 ont abouti à une hausse générale des salaires de 1.500 dirhams pour 330.000 fonctionnaires, représentant un coût annuel d’environ 10 milliards de dirhams. Le ministre a ajouté que de nouvelles augmentations ont concerné certaines catégories, notamment les agents de la 3ᵉ échelle du grade exceptionnel, ainsi que la création d’un nouveau grade exceptionnel dont 80.000 enseignants bénéficieront d’ici 2028.
Berradaa également évoqué l’élargissement de la prime des Écoles de la Riyada à 50.000 enseignants, pour un coût de 710 millions de dirhams, et la revalorisation de l’indemnité pour heures supplémentaires, passée de 54 à 100 dirhams, permettant à certains enseignants de percevoir jusqu’à 1.600 dirhams de plus par mois.
Sur le plan statutaire, le ministre a mis en avant la reconnaissance du statut de “fonctionnaire public” pour l’ensemble des personnels du secteur, la réduction du délai de promotion à deux ans à partir du 7ᵉ échelon, et la régularisation de plusieurs dossiers en suspens, dont celui des enseignants contractuels (5.500 agents), du “barème 10” (19.285 agents) et le remboursement de retenues injustifiées à 5.454 gestionnaires pédagogiques.
Enfin, Berrada a indiqué que 45 textes réglementaires ont déjà été publiés pour concrétiser les engagements du dialogue social, tandis que 11 autres sont en cours d’élaboration, portant à près de 90 % le taux d’exécution du volet juridique des réformes. Il a conclu en soulignant que ces avancées traduisent “la volonté du gouvernement d’accorder à l’éducation la place centrale qu’elle mérite dans le développement du pays”.
