Il a précisé que la libération avait été obtenue à la suite de négociations menées par la flottille Alf Madeline, la Turquie et les avocats du centre juridique Adalah dans les territoires palestiniens occupés, qui ont suivi le dossier à toutes ses étapes.
Lors de son discours à son arrivée à l’aéroport Mohammed V de Casablanca, ce dimanche soir, Rhali a déclaré : « Aucun responsable marocain ne nous a rendus visite, ni à l’intérieur de l’entité ni pendant le transfert. Notre pari reposait sur le peuples, car tout autre pari était une perte de temps. Si le peuples ne nous libéraient pas, la résistance l’aurait fait. »
Il a ajouté : « Un responsable est venu nous voir en prison alors que nous étions en grève de la faim et de la soif. Il nous a dit : “Quelle est notre faute si votre État ne veut pas de vous ?” Dès le départ, notre pari reposait sur le peuple et non sur un régime normalisateur. »
Concernant les conditions de détention, Rhali a expliqué : « Nous avons refusé de coopérer avec l’entité sioniste, car nous sommes contre la normalisation. Nous n’avons signé aucun document de leur part. Notre grève de la faim venait de notre refus de consommer leur nourriture. Nous nous considérions comme des kidnappés. »
Il a ajouté « lorsque la juge nous a demandé si nous voulions retourner au Maroc, nous avons répondu que, avant d’y penser, il fallait d’abord discuter de ce qui nous était arrivé. »
Rhali a raconté avoir passé dix jours en isolement, dans des cellules séparées du reste de la prison :« Nous entendions chaque jour les bombardements des avions F-16. Nous étions témoins d’une réalité vécue derrière les barreaux. Mais il ne faut pas penser qu’à nous : à la prison d’Ansar 3, il y a dix mille prisonniers, dont 400 enfants, et plus de vingt détenus emprisonnés depuis plus de quarante ans. C’est à eux qu’il faut penser. »
Il a souligné que la libération des prisonniers palestiniens est une responsabilité collective, rappelant que le slogan des détenus était : « Toute la Palestine, de la mer au fleuve. »
Et d’ajouter : « Nous ne permettrons pas à Trump de donner à Netanyahou ce qu’il n’a pas pu obtenir par les armes, au moyen d’une diplomatie bancale. »
Rhali a également révélé que Sion Assidon avait envisagé de participer à la flottille, après avoir pris part à sa première édition. Il a précisé que « l’initiative était populaire », et qu’il faisait partie de la flottille maghrébine, ajoutant : « Sur le même bateau, il y avait des Marocains, des Algériens, des Mauritaniens, des Libyens et des Tunisiens. C’était un projet pleinement maghrébin, l’incarnation du “Maghreb des peuples”. »
Enfin, il a noté que la flottille a démontré que la cause palestinienne est universelle, car elle réunissait des participants issus de 48 nationalités du monde entier : « Nous disons merci à Gaza, car c’est elle qui nous a réunis. La cause palestinienne est celle de tous les peuples libres. »
Et de conclure : « À 24 milles de Deir Yassin, soit à deux heures de navigation, nous étions sur le point d’atteindre Gaza, mais l’ennemi a intercepté les navires et confisqué même les vêtements des volontaires. »
Par ailleurs, Abdelazim Ben Draaoui, participant à la flottille de la liberté et capitaine du navire Anas Al-Sharif, a déclaré que les participants « ne sont pas des héros », mais qu’ils ont simplement eu « l’opportunité humaine de servir une cause juste », celle de la Palestine.
Dans son allocution à son arrivée à l’aéroport Mohammed V de Casablanca, ce dimanche, Ben Draaoui a affirmé que sa participation découlait d’un devoir humanitaire, soulignant qu’il avait été sélectionné parmi des volontaires issus de plusieurs pays pour contribuer à l’acheminement d’aides humanitaires vers Gaza, dans le cadre d’une action solidaire internationale.
« Appartenir au peuple marocain est une grande fierté. Durant ma détention, nous entendions les témoignages d’admiration de volontaires d’autres pays envers le peuple marocain et les marches qu’il organise sans relâche pour soutenir la Palestine et rejeter la normalisation », a-t-il déclaré.
Il a ajouté que son engagement puisait son inspiration dans l’histoire, rappelant que Salah Eddine Al-Ayyoubi (Saladin) avait offert aux Marocains l’une des portes de Jérusalem « comme une responsabilité historique placée entre nos mains ». « Cette responsabilité impose à tout Marocain de rester fidèle à la cause palestinienne et de ne jamais la trahir », a-t-il insisté.
Évoquant les conditions de détention, Ben Draaoui a confié : « Nous n’avons goûté qu’un ou deux pour cent de ce que subissent les prisonniers palestiniens dans les geôles de l’occupation. Nous avons été témoins d’une part de la barbarie pratiquée par l’entité sioniste, sans aucune retenue humaine. Je n’ai jamais vu des gens prendre plaisir à la souffrance des autres comme là-bas. Mais cette expérience n’a pas affaibli notre détermination, elle l’a renforcée. »
Il a adressé ses remerciements à la Turquie, qui a assuré leur transfert depuis les territoires occupés, ainsi qu’à la Tunisie, qui a facilité les procédures de navigation.
Ben Draaoui a également exprimé sa profonde gratitude envers le peuple marocain pour son soutien constant.
De son côté, Khadija Ryadi, ancienne présidente de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) et participante à la flottille internationale pour briser le blocus de Gaza, a rappelé que Ben Draaoui, capitaine du navire Anas Al-Sharif, était à la tête du deuxième bateau le plus proche des côtes de Gaza. « Il a tenté de manœuvrer face aux forces d’occupation israéliennes pour atteindre la rive et livrer l’aide humanitaire », a-t-elle précisé.
Ryadi a ajouté que l’armée israélienne avait mis plusieurs heures à intercepter le navire conduit par Ben Draaoui, dans une tentative de l’empêcher d’avancer vers les eaux territoriales de la bande de Gaza.
