Barassat a affirmé que le concept de « démocratie protestataire » n’est plus un phénomène circonscrit, mais « est devenu mondial », rappelant que le Maroc « a connu à différentes périodes diverses dynamiques sociales, liées à des revendications qui recoupent ou dépassent celles portées aujourd’hui par les jeunes de la Génération Z ».
“Certains ministres prennent le risque de compromettre la stabilité du pays en continuant à multiplier les promesses plutôt qu’en proposant des solutions concrètes”
L’intervenante a pointé la responsabilité de certains membres de l’Exécutif, estimant que « certains ministres prennent le risque de compromettre la stabilité du pays en continuant à multiplier les promesses plutôt qu’en proposant des solutions concrètes ». Et d’ajouter : « la violence qui accompagne certaines expressions pacifiques est inacceptable, mais on ne peut l’ignorer, car elle représente une bombe à retardement susceptible d’exploser à tout moment. »
“Fossé profond”
Selon elle, la particularité des protestations actuelles réside dans « leur capacité rapide à se propager, dans un contexte où un fossé profond sépare les jeunes des institutions élues, qu’il s’agisse du Parlement, des partis ou des syndicats ». Une fracture qu’elle attribue à « des causes internes, liées à l’incapacité des partis à se renouveler et à attirer la jeunesse », mais aussi à « l’affaiblissement du travail partisan à certaines périodes ».
Fatima Zahra Barassat a par ailleurs déploré que « les jeunes mettent tous les acteurs politiques dans le même panier » et considèrent « les débats parlementaires comme des mises en scène », conséquence selon elle « de pratiques électorales dépourvues de transparence ».
La dirigeante du PPS a aussi regretté que « la faiblesse de la mise en œuvre des garanties constitutionnelles de 2011 ait contribué à la baisse de la participation politique », ouvrant ainsi « la voie à des pratiques électorales opaques qui ne servent pas l’image du pays ». Elle a souligné que « la réalité actuelle exclut les compétences et ferme la voie d’accès aux postes de décision pour les jeunes et les intellectuels ».
“Les récentes manifestations ont eu le mérite de pousser certains ministres à sortir de leur silence et à dialoguer avec les citoyens, même tardivement”
Tout en reconnaissant que « les récentes manifestations ont eu le mérite de pousser certains ministres à sortir de leur silence et à dialoguer avec les citoyens, même tardivement », elle a considéré que « le mutisme du gouvernement a rendu les revendications des jeunes encore plus pressantes ».
Enfin, Barassat a estimé que les problèmes des secteurs de la santé et de l’éducation « ne tiennent pas à la question budgétaire, mais à l’absence de gouvernance », dénonçant « l’orientation du gouvernement vers la privatisation ». Si elle reconnaît que « le secteur privé est essentiel pour renforcer l’économie nationale », elle précise que cela ne doit pas se faire « au détriment du service public ni des revendications des jeunes et des citoyens ».
Pour conclure, elle a mis en garde contre les réponses politiques superficielles : « L’éviction du gouvernement et l’organisation de nouvelles élections, si la faible participation persiste, ne changeront rien à la situation actuelle. »
