Dans un post publié sur les réseaux sociaux, Ramid a expliqué que ces contestations populaires, généralisées dans tout le pays, contre les pénuries, la faiblesse de la gouvernance et la mauvaise gestion, notamment dans les hôpitaux publics, imposent aux responsables l’élaboration d’une feuille de route pour une réforme globale et profonde du secteur, loin des ajustements superficiels qu’il a qualifiés de simple « bricolage ».
Il a insisté sur la nécessité de fixer des objectifs précis, de mobiliser les moyens nécessaires pour les atteindre et d’établir des contrats entre l’administration centrale, les directions régionales et les établissements hospitaliers, tout en assurant un suivi permanent et une reddition des comptes.
À ce titre, Ramid a rappelé l’expérience qu’il avait initiée à la tête du ministère de la Justice et des Libertés entre 2012 et 2016, lorsqu’un système de classement des tribunaux en listes verte, jaune, grise et noire avait été mis en place, permettant des interventions ciblées.
L’ancien ministre a précisé que la réforme implique de doter les hôpitaux publics de tous les moyens nécessaires pour fournir des services de qualité : infrastructures adaptées, ressources humaines médicales et paramédicales suffisantes et bien formées, ainsi que des moyens logistiques et médicamenteux répondant à des normes strictes.
En contrepartie, il a appelé à l’adoption d’un cahier des charges engageant les établissements hospitaliers à respecter des standards reconnus, sur la base desquels leur niveau de performance serait évalué et classé dans les listes de couleurs évoquées.
Selon lui, ce classement n’est pas une fin en soi, mais un outil permettant d’identifier le niveau de chaque hôpital et les causes de son retard à atteindre la « liste verte » : manque de personnel, faiblesse des moyens logistiques ou mauvaise gouvernance, nécessitant alors un changement des responsables concernés.
Ramid a ajouté que le suivi quotidien à travers un tableau de bord et une communication continue sur les déficits et les problèmes ne saurait remplacer les visites de terrain régulières et les inspections inopinées, indispensables pour mettre fin au laisser-aller dénoncé par les citoyens.
Il a également souligné l’importance de fournir aux cadres médicaux et paramédicaux des incitations matérielles et morales, pour qu’ils consacrent pleinement leur temps et leurs efforts au service public, tout en imposant une responsabilité stricte en cas de manquements, notamment lorsqu’ils privilégient l’exercice privé, comme cela se produit souvent aujourd’hui.
Pour Ramid, la réforme nécessite une volonté politique claire : « On disait autrefois que l’homme, c’est le style. C’est pourquoi le chef du gouvernement (quel qu’il soit) doit contractualiser avec le ministre concerné (quel qu’il soit) sur des objectifs de réforme précis, et suivre en permanence les résultats de son action. »
Il a conclu en affirmant que le ministre doit travailler jour et nuit pour honorer ses engagements, sans attendre que des crises éclatent ici ou là pour entreprendre des tournées « donquichottesques » d’extinction des incendies.
Et d’ajouter que « le Maroc d’aujourd’hui et de demain mérite des hommes et des femmes porteurs d’une vision réformatrice et d’une volonté d’acier, qui comptent les heures et les minutes, et non des responsables égarés, indifférents au temps, et dont l’unique souci est d’occuper des postes ministériels ».
