Chicha : Laftit prône une régulation concertée

Alors que Marrakech durcit ses contrôles sur la consommation de chicha, le gouvernement cherche un équilibre délicat entre respect de la réglementation sanitaire et préservation d'un secteur économique qui emploie des milliers de personnes.

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Le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, a affirmé que la régulation de l’activité de consommation de la chicha requiert une coordination entre les différents secteurs concernés, selon une approche participative prenant en considération la réalité sociale et les mutations économiques. Il a souligné la nécessité de trouver des solutions garantissant la continuité des activités économiques liées à ce secteur, tout en préservant la santé et la sécurité publiques.

En réponse à une question écrite sur “l’organisation de la consommation de la chicha pour les touristes”, adressée par Aziza Boujrida, membre du groupe haraki à la Chambre des représentants, Laftit a précisé que les opérations menées sur le terrain par les autorités locales et les services de sécurité compétents, dans divers endroits du Royaume où la chicha est proposée, se font conformément à la loi. Leur objectif est de préserver l’ordre public dans toutes ses composantes, y compris la sécurité, la santé publique et la quiétude générale.

Le ministre a insisté sur le fait que ces interventions visent à lutter contre les dérives liées à l’usage de cette substance, telles que la promotion et la consommation de drogues et de psychotropes, ainsi que l’incitation à la corruption et à la prostitution.

Nécessité d’encadrer l’activité

La députée du groupe haraki avait rappelé, dans sa question écrite, que les campagnes menées contre l’activité de promotion et de consommation de la chicha à Marrakech relancent le débat autour de l’arrêté réglementaire communal n°02 de 2010, qui interdit la consommation de la chicha dans les lieux publics, et de son impact sur le secteur touristique et économique.

Elle a expliqué que cette décision, “bien qu’ayant pour objectif la protection de la santé publique, met en péril des milliers d’emplois liés directement ou indirectement à cette activité, ce qui menace la stabilité d’une large frange de travailleurs et affecte le tissu économique et touristique de la ville”. Elle a également souligné que plusieurs pays arabes et musulmans ont adopté “des mécanismes de régulation étudiés pour cette activité, qui permettent d’équilibrer la protection de la santé publique et la pérennité des activités économiques”.

La parlementaire a enfin interrogé le ministère de l’Intérieur sur les mesures envisagées pour encadrer cette activité, d’autant plus que le Maroc est devenu la première destination touristique africaine en 2024 et qu’il s’apprête à accueillir de nombreux grands événements internationaux, attirant des millions de touristes pour qui la consommation de la chicha fait partie des habitudes sociales et culturelles.

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