Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation a sollicité, dans une circulaire interne, l’activation rapide des mouvements issus du dialogue social sectoriel. Signée par le ministre Azeddine Midaoui, la note, adressée aux présidents des universités et établissements affiliés, fait suite à la réunion tenue le 16 septembre 2025 entre la tutelle et le syndicat national de l’enseignement supérieur.
Dans son texte, le ministère demande aux responsables universitaires de traduire de manière concrète les recommandations issues du dialogue social suite à l’accord passé en 2022. Concrètement, les présidents de facultés sont priés de réunir leurs équipes pour proposer les mesures appropriées, tandis que les directions des établissements sont invitées à organiser des rencontres avec les chefs de départements. Le ministre exige en outre des comptes : des rapports restitutifs devront lui être transmis sur le déroulé et les résultats de ces consultations.
La circulaire insiste également sur la nécessité d’un déploiement participatif et collectif des dispositions juridiques visant, selon la tutelle, à consolider l’indépendance pédagogique des universités et à préserver l’intérêt supérieur des étudiants. Le geste s’inscrit, selon le ministère, dans une volonté d’engager localement les acteurs universitaires dans l’application des mesures arrêtées au niveau central.
Le syndicat contre-attaque
Le syndicat national de l’enseignement supérieur, qui a tenu une réunion de son comité administratif et publié un communiqué sans langue de bois, accuse la stratégie gouvernementale d’être une méthodologie unilatérale et d’approfondir la marginalisation des enseignants-chercheurs.
La centrale qualifie le projet de loi n°59.24 sur l’enseignement supérieur, présenté par le ministère, de mise à l’écart totale de la méthodologie participative et y décèle une volonté de légaliser la privatisation du service public universitaire. Le syndicat reproche en particulier à la tutelle d’imposer des cadres pédagogiques sans respecter la dimension réellement consultative qui, selon lui, est la condition sine qua non de tout chantier de réforme crédible.
Outre la critique de fond sur la gouvernance, le syndicat a formulé une série de revendications jugées prioritaires : la suspension de la procédure d’aval de l’accord du 20 octobre 2022 (visant à répondre à une longue série de revendications du corps professoral et à engager une réforme du statut des enseignants-chercheurs) et son renvoi à la table des négociations, la régularisation des dossiers de promotion, la prise en compte de l’ancienneté générale dans la fonction publique, l’exonération fiscale des indemnités de recherche, la réduction des délais de promotion et l’égalité de financement entre universités publiques, ainsi que l’ouverture de postes pour les docteurs-chercheurs.
