Il est tranquillement assis à l’ombre, sous un barnum, devant une foule d’environ 3.000 personnes sur le thème du “comeback” (le retour) américain. Micro à la main, il harangue la foule lorsqu’une balle le touche à la gorge. Les derniers instants de Charles “Charlie” Kirk, fidèle allié de Donald Trump et porte-parole de la jeunesse conservatrice chrétienne américaine, ont inondé depuis mercredi les réseaux sociaux, sous de multiples angles.
Au moment du tir, Kirk est interrogé par un membre de l’assistance sur la violence par armes à feu aux Etats-Unis : “Savez-vous combien d’Américains transgenres ont commis des tueries de masse ces dix dernières années ?”, lui demande-t-on. “Trop”, répond Charlie Kirk, suscitant une vague d’applaudissements. “Savez-vous combien il y a eu d’auteurs de tueries de masse en Amérique ces dix dernières années ?”, poursuit la même personne. “En comptant la violence des gangs ?”, répond Kirk. Le dernier mot qu’il aura prononcé est “violence”. Une balle le touche au cou. La tête du militant est projetée en arrière, un épais filet de sang gicle sur son tee-shirt “Freedom” avant qu’il ne tombe de sa chaise pendant que les hurlements jaillissent de la foule.
Sur les vidéos rapidement diffusées sur les réseaux sociaux, il est possible d’apercevoir l’ombre d’un homme sur l’un des toits environnants, tireur présumé. D’autres vidéos témoignent de la panique qui s’empare du campus juste après le tir, tandis que cinq membres de la sécurité évacuent Charlie Kirk dans un véhicule 4X4 pour l’emmener à l’hôpital.
Une chasse à l’homme en cours
À l’heure à laquelle ces lignes sont écrites, une chasse à l’homme est en cours pour retrouver le tueur présumé du militant d’extrême droite. Deux personnes ont été interpellées avant d’être relâchées car “sans lien” avec le meurtre, selon les autorités. “Notre enquête se poursuit”, a posté le patron du FBI Kash Patel sur les réseaux sociaux.
“Une enquête et une chasse à l’homme est en cours pour appréhender le tireur”
“Une enquête et une chasse à l’homme est en cours pour appréhender le tireur”, a déclaré le Département de sécurité publique mercredi soir. Pour mener à bien leur investigation, les autorités ont fermé jusqu’à lundi le campus où Charlie Kirk a donné sa dernière représentation. Pendant ce temps, ils se sont dispersés dans le quartier à la recherche du tireur, demandant aux maisons environnantes les enregistrements de leurs caméras de sécurité.
Par ailleurs, les autorités de police ont fait appel au grand public, demandant des renseignements, vidéos ou photos permettant de récolter des indications sur l’identité ou la localisation du tireur. Le responsable de l’enquête a déclaré que son équipe visionne les images de vidéosurveillance mais que la qualité laissant à désirer, il ne pouvait apercevoir qu’un homme “habillé de noir”, sans information supplémentaire sur son apparence.
“Un ami féroce d’Israël”
“Le grand, et même légendaire, Charlie Kirk est mort. (…)”
Le président Donald Trump a annoncé son décès peu avant 17h00 locales (22h00, heure de Rabat). “Le grand, et même légendaire, Charlie Kirk est mort. (…) Charlie était un patriote qui a consacré sa vie à la cause du débat ouvert et au pays qu’il aimait tant, les États-Unis d’Amérique”, écrit-il, qualifiant son ami de “martyr de la vérité et de la liberté”.
Donald Trump a mis en cause “la gauche radicale” pour ce “moment sombre pour les États-Unis”. Si l’identité et les motivations du tueur restent pour l’heure inconnues, cela n’a pas empêché le premier personnage de l’Etat d’affirmer que “depuis des années, la gauche radicale compare des États-uniens formidables comme Charlie aux nazis (…) Ce genre de rhétorique est directement responsable du terrorisme que nous connaissons aujourd’hui dans notre pays”. Il promet de retrouver l’ensemble des personnes qui ont financé, soutenu et contribué à l’assassinat du militant. Le vice-président J. D. Vance, et le gouverneur républicain de l’Utah Spencer Cox ont également été émus du meurtre d’un “ami”.
“Je prie pour Charles Kirk”
À l’étranger, le Premier ministre britannique Keir Starmer et la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni, ont condamné cet assassinat. Le chef du gouvernement israélien, Benjamin Netanyahu, a quant à lui repris les éléments de langage de la Maison Blanche : “Je prie pour Charles Kirk”, ajoutant qu’il était “un ami féroce d’Israël”.
De l’autre côté du spectre politique états-unien, tant Barack Obama, Joe Biden que Kamala Harris ont affiché leur regret de l’assassinat de Charles Kirk ainsi que leur crainte de voir les États-Unis sombrer dans la violence politique.
Interrogée par l’AFP dans la soirée, Kali Richards, une étudiante en sciences de l’aviation de 18 ans et dénonciatrice des thèses anti-avortement de Charles Kirk, a déclaré : “Pourquoi tuer quelqu’un pour ses idées ? Nous vivons dans un monde tellement fou”, se désole-t-elle pourtant. “Je suis en désaccord avec tout ce qu’il dit, mais (…) la haine ne nous mènera nulle part”, poursuit-elle.
D’autres voix moins mise en avant par les médias appellent à ne pas oublier les propos de l’influenceur sur Gaza, les personnes LGBT+ ou même le financement de l’Ukraine auquel il s’était opposé.
Qui était Charles “Charlie” Kirk ?
Friand de joutes oratoires avec les étudiants, on retrouvait souvent Charlie Kirk, 31 ans, à ce genre d’événements. Originaire de la banlieue de Chicago, chrétien et défenseur du port d’armes à feu, ce père de deux enfants avait abandonné ses études pour se consacrer au militantisme.
Il était à la tête d’un mouvement de jeunesse : Turning Point USA. Cofondée en 2012 par l’influenceur, alors âgé de 18 ans, cette association est devenue en une décennie le plus gros groupe de jeunes conservateurs aux Etats-Unis.
Elle comprend une armée de militants enthousiastes, dont certains avaient été envoyés en bus à Washington à la manifestation du 6 janvier 2021 qui avait débouché sur l’invasion du Capitole.
Avec ses 6,9 millions d’abonnés sur Instagram et 3,8 millions sur YouTube, son influence avait largement servi Donald Trump pour séduire les jeunes hommes américains en promouvant une conception ultra traditionnelle de la famille.
