Gaza : l'ONU dénonce la “rhétorique génocidaire” de dirigeants israéliens

Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme a dénoncé lundi la “rhétorique génocidaire” de dirigeants israéliens sur Gaza, appelant la communauté internationale à prévenir un génocide dans ce “cimetière” qu'est devenu le territoire palestinien.

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Une école détruite par les bombardements israéliens à Gaza, en 2024. Crédit: DR

Je suis horrifié par l’utilisation sans détour d’une rhétorique génocidaire et la déshumanisation honteuse des Palestiniens par de hauts responsables israéliens », a déclaré Volker Türk, à l’ouverture de la 60e session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève.

L’ambassadeur israélien auprès des Nations unies à Genève, Daniel Meron, l’a accusé sur X de continuer « de propager des propos diffamatoires et de porter atteinte à la sécurité de l’État juif ».

“Nous manquons à notre devoir envers la population de Gaza. Où sont les mesures décisives pour prévenir un génocide ?”

Volker Türk, Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme

Le Haut-Commissaire a lui appelé à « agir maintenant pour mettre fin au carnage » à Gaza, estimant que la communauté internationale « manque à son devoir ». « Nous manquons à notre devoir envers la population de Gaza. Où sont les mesures décisives pour prévenir un génocide ? Pourquoi les pays ne font-ils pas davantage pour prévenir les atrocités criminelles ? » a-t-il poursuivi. « La région réclame la paix. Gaza est un cimetière », a-t-il dit.

Le territoire palestinien assiégé par Israël est dévasté et en proie à la famine selon l’ONU. L’armée israélienne, qui dit contrôler environ 75% de la bande de Gaza et 40% de Gaza-ville, a indiqué vouloir s’emparer de cette dernière agglomération, la plus grande du territoire située dans le nord.

⁠ »Pression maximale”

« Les massacres de civils palestiniens perpétrés par Israël à Gaza ; les souffrances indescriptibles et les destructions massives qu’il inflige ; l’entrave à l’aide vitale suffisante et l’inanition qui en résulte pour les civils ; les assassinats de journalistes, de personnels de l’ONU et d’employés d’ONG, et les crimes de guerre qu’il commet, choquent les consciences dans le monde », a affirmé M. Türk.

Le Haut-Commissaire demande aux pays de « stopper l’afflux vers Israël d’armes qui risquent de violer les lois de la guerre » et d’« exercer une pression maximale pour obtenir un cessez-le-feu, la libération des otages et des personnes détenues arbitrairement, et l’entrée d’une aide humanitaire suffisante à Gaza, par tous les moyens à leur disposition ».

Il demande aussi de prendre « des actions décisives pour s’opposer au projet de prise de contrôle militaire de Gaza par Israël et à l’annexion accélérée de la Cisjordanie ».

Peu après le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, Israël, tout comme les Etats-Unis, ont cessé de participer aux débats devant le Conseil des droits de l’homme.

Israël refusait déjà auparavant de participer aux réunions du Conseil qui le concernait spécifiquement. « Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme (HCDH) est animé par l’activisme anti-israélien qui gangrène son bureau. Le HCDH ne se préoccupe pas des faits ni de la complexité de la situation », a relevé Meron sur X, rappelant l’attaque anti-israélienne à l’arme à feu lundi à Jérusalem-Est qui a fait six morts.

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