Au Maroc, la population de millionnaires a bondi de 40% en dix ans

L’Afrique s’impose comme un acteur incontournable dans la nouvelle géographie mondiale de la richesse. Selon le rapport Africa Wealth Report 2025, publié par le cabinet Henley & Partners en partenariat avec New World Wealth, le continent devrait voir sa population de millionnaires croître de 65 % au cours de la prochaine décennie.

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telquel

Le rapport publié ce mardi 26 août souligne que l’Afrique abrite aujourd’hui 25 milliardaires, 348 centi-millionnaires et 122 500 millionnaires. Une transformation spectaculaire par rapport à la fin du XXᵉ siècle, marquée par le déclin économique et l’absence d’élites financières significatives. Portée par une croissance robuste, l’économie d’Afrique subsaharienne devrait progresser de 3,7 % en 2025 et 4,1 % en 2026, soit un rythme supérieur à celui de l’Europe (0,7 %) et des États-Unis (1,4 %).

Pour Dominic Volek, directeur clients privés de Henley & Partners, cette dynamique change la donne : “Les investisseurs africains cherchent davantage de mobilité et de diversification, tandis que les capitaux internationaux s’intéressent de plus en plus à l’Afrique comme destination d’investissement stable et durable.”

L’Afrique du Sud concentre 34 % des millionnaires africains (41 100), soit autant que les cinq pays les plus riches suivants réunis : Égypte (14 800), Maroc (7 500), Nigeria (7 200) et Kenya (6 800). Ensemble, ces marchés représentent 63 % des millionnaires et 88 % des milliardaires du continent.

Le Maroc se distingue par une hausse de 40 % de ses HNWI (individus très fortunés) en dix ans, quand le Nigeria enregistre une chute de 47 %.

Marrakech dans le top 3 continental des “pôles de richesse”

Au niveau des villes, Johannesburg domine encore avec 11 700 millionnaires, mais Le Cap gagne du terrain (8 500), concentrant le plus grand nombre de centi-millionnaires et le marché immobilier le plus cher du continent (5 800 USD/m²). Le Caire reste le foyer des milliardaires, tandis que Nairobi abrite près de la moitié de la richesse privée kényane.

Un hôtel de luxe à Marrakech.Crédit: DR

Parmi les pôles de richesse en pleine expansion, Marrakech figure dans le Top 3 continental, avec une croissance de 67 % du nombre de millionnaires en dix ans. Seuls le district de Black River à l’île Maurice (+105 %) et la Whale Coast sud-africaine (+50 %) font mieux.
Selon Andrew Amoils (New World Wealth), l’avenir sera porté par des destinations “lifestyle” telles que Marrakech, le Cape Winelands ou la Whale Coast, avec des secteurs moteurs comme la fintech, le tourisme écologique, les technologies vertes, la santé ou encore la gestion de patrimoine.

“Le défi n’est pas seulement de compter les millionnaires (en Afrique, ndlr), mais de créer un écosystème où la prospérité bénéficie à tous”

Jean Paul Fabri, économiste en chef chez Henley & Partners

Mais cette prospérité se heurte à un paradoxe : les riches Africains voient leur mobilité internationale se restreindre. L’administration Trump a renforcé les interdictions de visas visant plusieurs pays africains, avec la perspective d’en inclure jusqu’à 26 supplémentaires.

En Europe, une étude montre que la moitié des demandes de visa Schengen des Africains sont rejetées, contre une sur six au niveau mondial. Pour contourner ces restrictions, de plus en plus de millionnaires africains acquièrent une résidence ou une citoyenneté alternative, notamment via le programme portugais de “Golden Visa” ou les passeports caribéens.

Le rapport met enfin en avant les enjeux climatiques et démographiques. Avec la population la plus jeune du monde et une forte proportion de femmes dans l’agriculture, l’Afrique détient un potentiel considérable pour transformer sa croissance économique en développement durable.

Pour Jean Paul Fabri, économiste en chef chez Henley & Partners, “le défi n’est pas seulement de compter les millionnaires, mais de créer un écosystème où la prospérité bénéficie à tous, circule localement et consolide le rôle de l’Afrique comme leader dans l’histoire mondiale de la richesse”.

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